Marie (10)
juin 11, 2008-Tiens c’est curieux ça ?
-Qu’es-ce qu’il y à docteur ?
-Je viens de terminer l’autopsie de Marie Bellmont et j’ai les tests sous les yeux, son sang contient un taux anormalement élevé de fer dans le sang.
-Vous pensez à quoi ?
-J’en sais rien mais il faut que je refasse l’autopsie, il y à quelque chose qui cloche. Cela ne vous dérange pas de rester tard ?
-Non docteur
-Bon allez au boulot
le docteur Menter rouvrit le corps de ma belle, au niveau de l’estomac, ayant l’impression d’être passé à côté de quelque chose, n’arrivant pas expliquer ce taux de fer aussi élevé mais aussi pourquoi une hémorragie intestinale avait pu être aussi grave, aussi soudaine et pourquoi elle avait fait un début de septicémie. Après trois heures de travail, il trouva
-Il faut que j’appelle le capitaine Duroc de la brigade criminelle, vous pouvez refermez ?
-Bien sur docteur
Le docteur Menter se débarassa de sa blouse et de ses gants tachés de sang, se lava les mains et le visage avant de filer dans son bureau. Il décrocha son téléphone et composa le numéro du capitaine Duroc, l’adjoint du commissaire divisionnaire Batesti, chef de la brigade criminelle toujours installé au célébrissime 36 quai des Orfèvres.
-Commandant Duroc ?
-C’est moi
-Docteur Menter, Institut Médico-Légal
-Qu’es-ce que je peux pour vous ?
-J’ai peut être une affaire pour vous
-Je vous écoute
-J’ai effectué l’autopsie de Marie Bellmont
-Marie Bellmont ?
-Une jeune femme morte il y à deux jours à l’hôpital Pompidou, au début je pensai à une hémorragie intestinale mais j’ai trouvé des fragments métalliques et je ne suis pas certain mais je pense qu’il s’agit de fragments d’une balle
-Ce serait donc un assassinat ?
-C’est ce que je pense
-Bien, envoyez les fragments métalliques à l’institut scientifique au 36 quai des Orfèvres pour des tests et si cela se confirme, on ouvrira une enquête
-Bien capitaine
Le Commandant Duroc était un solide gaillard de 35 ans et 17 ans de maison derrière lui. Son mètre quatre vingt-dix et ses cent kilos impressionnait bien plus ses visiteurs que son visage taillé à la serpe, ses solides épaules, ses yeux noirs perçants. Après avoir débuté aux Stups, il travailla à la BRB (Brigade de Repression du Banditisme) puis après un cours passage au Raid, il obtint le poste tant convoité d’adjoint au chef de la brigade criminelle, un poste qui en général une étape vers un destin glorieux, les trois predecesseurs du capitaine Duroc étaient devenus directeurs de la police judiciaire, le second flic de France après le ministre de l’Intérieur. En ce soir de mars, il étudia le rapport d’autopsie que le docteur Menter venait de rédiger. Il était suffisament troublant pour que le capitaine Duroc prenne le risque d’ouvrir une enquête officieuse avant de prévenir le procureur de la république. Le lendemain, les fragments métalliques furent analysés mais ils étaient trop endommagés pour que les techniciens du laboratoire de police scientifique de la préfecture de police de Paris obtiennent quelque chose de concret. Cette affaira aurait pu s’arrêter là quand un des techniciens pris sur lui de consulter, Ralf Peter _un anglais spécialiste réputé des fusils de précision et des munitions spéciales_ présent dans la capitale pour un cycle de conférences. Après quelques tests supplémentaires, il confirma qu’il s’agissait bien d’une balle, une balle frangille à douille en papier ce qui la rendait quasiment indetectable : le papier brulait dans le canon ce qui évitait de laisser des douilles et la balle, au lieu de se ficher directement dans la cible s’éparpillait au contact des surfaces dures comme un os ce qui non seulement réduisait quasiment à néant la chance de récupérer la balle à l’autopsie mais surtout provoquait des blessures fatales et une terrible douleur
-Donc c’est bien un assassinat ?
-Sans aucun doute capitaine, celui qui à utilisé cette munition est un pro et surtout à voulu faire passer un méssage très clair : il est determiné et ira jusqu’au bout.
-Et si il à tué cette fille en connaissance de cause ?
-Vous ne pensez pas à un tueur en série longue distance ?
-Je ne sais pas mais à mon avis, un TSLD aurait cherché à tuer immédiatement, en visant le coeur ou la tête. Là, il à visé l’estomac ce qui veux dire qu’il à voulu la tuer en la faisant souffrir un maximum. Le tueur connaissait sa victime, je serais prêt à le parier
-Bon, allez tous vous couchez. Dès demain matin, j’appelle le procureur de la république pour qu’il ouvre une information judiciaire pour assassinat
Les quelques policiers encore présent à cet étage s’éclipsèrent. Le capitaine Duroc se contenta de déplier un lit de camp soigneusement rangé derrière son armoire, à sortir une vague couverture et s’allonger pour s’endormir aussitôt. Quelques heures plus tard, son téléphone sonna. A l’autre bout du fil, une personne terrifiée
-Commandant, Commandant, ils sont là, ils vont, ils vont…………
-Calmez vous Eric et racontez moi tout calmement
-Ce sont des hommes armés, ils veulent, ils veulent me tuer
-Bougez pas j’arrive
-Dépechez vous je vous en supplie
Le capitaine Duroc récupéra son arme et descendit quatre à quatre le célèbre escalier noir jusqu’au rez de chaussée ou se trouvait la brigade de nuit dirigiée par le commandant Franklin. Lui et Duroc avaient servis ensemble à la BRB et étaient les meilleurs amis du monde
-Seb ! ça va ?
-Désolé Marc mais j’ai pas le temps de parler, il me faut des hommes. J’ai reçu un appel d’un technicien du labo, il dit être menacé par des hommes armés
-Ok, pas de soucis. Corboz ?
-Patron ?
-Voitures 3 et 4 au départ, immédiatement
-A vos ordres
Les voitures 3 et 4 avec à leur bord 9 policiers de la brigade de nuit et le commandant Duroc quittèrent le «36» et foncèrent en direction du XIIIème arrondissement, à l’adresse du laborantin. Le commandant Duroc était de plus en plus inquiet car le téléphone sonnait toujours occupé……….sauf au moment de la dernière tentative. Il pouvait entendre distinctement la mise à sac de l’appartement. Deux coups de feu claquèrent avant qu’un chuintement de plus en plus fort se fasse entendre jusqu’au moment où l’appartement explosa juste à l’arrivée de deux voitures. Seb’ Duroc était hors de lui à tel point qu’il passa ses nerfs sur la jente de la roue avant droit de la voiture banalisée.
-Etablissez un périmètre, appelez les pompiers et GDF, je previens l’identité judiciaire
-A vos ordres
Certains policiers établirent un cordon de sécurité pour maintenir les premiers curieux, reveillés par l’explosion, à distance. Les pompiers, toutes sirènes hurlantes et arrivèrent et s’attaquèrent au feu, le maitrisant après deux heures de lutte acharnée. Une fois que GDF eut assuré qu’il n’y avait plus aucun danger, les policiers commencèrent leurs investigations. Il n’y avait malheureusement pas grand chose : tout n’était que cendres fumantes et carcasses calcinées. Calciné, le corps du malheureux laborantin l’était également. La police scientifique se livra aux prélèvements habituels mais ils étaient pessimistes : il serait difficile de savoir comme Eric Denizrof était mort et encore plus difficile de répondre pourquoi avait-il été tué de manière aussi atroce, brulé vif dans son appartement. Le commandant Duroc commençait à se demander dans quoi il avait mis les pieds : d’abord une femme assassinée puis un technicien de la police scientifique. Après quelques heures de sommeil, il appela le procureur de la république de Paris pour lui demander d’ouvrir une information judiciaire pour assassinat sur les personnes de Eric Denizrof et Marie Bellmont, deux informations judiciaires separées car il ne savait pas encore si ces deux affaires étaient liées ou si il s’agissait d’une simple et tragique coincidence. Revenu au «36» à 10h00, il convoqua immédiatement tous ses subordonnés pour les mettre au parfum
-Messieurs vous allez devoir faire une croix sur votre vie de famille, sur vos loisirs et vos congés
Un mumure de stupeur parcouru la salle
-Nous avons deux macabés sur les bras. Marie Bellmont 33 ans et Eric Denizrof 25 ans, un gars de la maison. Nous ne savons pas si il y à un lien entre ses deux affaires. C’est pourquoi dans un premier temps, nous les traiterons comme deux affaires distinctes. L’affaire Bellmont sera le domaine de compétence du capitaine Marchal et l’affaire Denizrof sera le domaine de compétence du capitaine Silven, je coordonnerai les deux enquêtes. Des questions ? Bien au boulot tout le monde, on fait un point à 18h00.
Le commandant Duroc retourna seul dans son bureau. Il avait une tache pénible à faire à savoir prévenir la famille du jeune laborantion tué la nuit passée. C’était d’autant plus douloureux qu’il connaissait très bien le frère ainé d’Eric, Philippe Denizrof, capitaine à la Brigade Anti Criminalité de Versailles.
-Philippe c’est Sebastien
-Ah Seb comment ça va ?
-J’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer, cela concerne Eric
-Eric ? Il lui ai arrivé quelques chose
-Il à été assassiné cette nuit à son domicile
-………..
-Philippe tu es toujours là ?
-Oui. Comment il à, je veux dire comment il est mort, c’est moche ?
-Très
-Raconte
-Je ne suis pas encore sur car l’autopsie est en cours mais il aurait reçu deux balles avant d’être brulé par l’explosion au gaz de son appartement
-Dis moi que tu va attraper les enflures qui ont fait ça
-Parole de flic, j’ai mis Silven sur le coup, c’est un vrai pitbull il lachera rien
-D’accord. Le corps est à l’IML ?
-Oui, l’autopsie est en cours je pense. Si tu as besoin de quoi que ce soit………..
-Je t’appelle oui bien sur. Salut Seb
-Salut Philippe
Le commandant Duroc raccrocha le téléphone et après un bref instant de tristesse où il se prit la tête dans les mains, il se leva et envoya valser la poubelle à l’outre bout de la pièce par un coup de pied où il evacua toute sa rage et sa frustration de n’avoir pas pu empecher cette mort aussi affreuse qu’inexplicable. Soupçonnant que ces deux affaires allaient prendre beaucoup de temps, il passa sa journée à traiter les autres affaires en cours que ce soit un accident de la route qui à dégénéré quand un des conducteurs à abattu le conducteur de la voiture qui avait embouti sa 205 au fusil de chasse, une serie de cambriolages dans le sixième arrondissement. Pourtant il continuait à penser à ces deux affaires et alors qu’il aurait du se concentrer sur les dossiers qui s’empilaient sur son bureau, il ne cessait de penser à la mort du laborantin et de celle de Marie Bellmont. Il attendait avec impatience le nouveau briefing de 18h00 où il esperait voir un peu plus clair.
-Bien puisque tout le monde est là on peut commencer. Capitaine Silven ?
-On à les premiers resultats de l’autopsie. Eric Denizof est mort de deux balles en pleine tête. On peut dire que dans son malheur il à eu de la chance puisqu’il n’à pas souffert. Si son ou ses meurtriers ont mis le feu à l’appartement c’était pour effacer toutes les traces.
-Autre chose ?
-Rien pour l’instant. Les tests toxicologiques sont revenus négatifs : pas de drogues ni d’alcool
Le commandant Duroc se sentit soulagé. Il aurait surement eu du mal à annoncer à l’un de ses meilleurs amis le fait que son frère était mort camé et bourré.
-Commandant ?
-Oui
-Vous êtes toujours avec nous ?
-Oui oui continuez
-Naturellement la pièce n’à pu nous donner aucune indication, le feu à tout détruit.
-Des témoins ?
-Non, tout le monde «dormait» à ce moment là
les policiers présents dans la pièce avaient compris que des personnes avaient vu des choses mais préferaient ne rien dire de peur de subir le même sort que la victime
-Vous allez creuser le passé d’Eric Denizrof et vous ne censurer rien même si cela soit salir sa réputation, je veux retrouver les salopards qui l’ont flingué
-Bien commandant
-Capitaine Marchal vous avez avancé sur l’affaire Bellmont ?
-Pas vraiment, nous avons fouillé le passé de la victime………..
-Et ?
Ces deux affaires, le commandant Duroc y tenait beaucoup, il faisait preuve d’une impatience que ne lui connaissait pas
-Ses parents sont morts dans un accident de voiture à l’age de 5 ans, elle à été élevé par sa grand mère maternelle. Etudes brillantes mais à 18 ans, elle disparaît pendant cinq ans
-On ne sait pas ce qu’elle à fait pendant cette période ?
-Non mais il est probable qu’elle soit allé en Asie
-Qu’es-ce qui vous fait dire ça ?
-Elle à travaillé comme interprête bénévole lors d’une exposition d’art japonais
-Elle serait allée au Japon ?
-Possible
-Et ensuite ?
-Elle à vivoté avec des petits boulots entrecoupés de longues et mystérieuses absences.
-Côté vie privée ?
-Elle était depuis quatre ans avec un avocat, Maitre Renan Danel de Danel, Brokman et Pros
-Le premier cabinet d’avocat de Paris
-Le même
-Et qu’es-t-il devenu ?
-Il est à St Anne. Il à été interné en chambre spéciale après avoir fait deux tentatives de suicide
-Celui qui à tué Marie Bellmont voulait la faire souffrir. Creuser du côté des affaires de son mari pour voir si il n’y à pas de clients mécontents qui auraient voulu se venger de Danel en la tuant elle
-Je m’en charge.
-Autre chose ?
-Non
-Bien messieurs, je vous laisse retourner travailler
La réunion terminée, les deux groupes d’enquête regagnèrent leurs bureaux pour éplucher à nouveau des dossiers lus et relus des dizaines de fois au cas où une information serait passé entre les mailles du filet. De son côté le commandant Duroc se livra à une étrange manipulation. Il recouvrit le conbiné de son téléphone d’une étrange housse rouge, housse branchée à un appareil électronique pas plus gros qu’une pile. Il composa le numéro d’un mystérieux correspondant situé à Levallois-Peret
-Commandant Martins à l’appareil
-Paul c’est Seb’, Seb’ Duroc
-Ah Seb ! Comment ça va ?
-Cela pourrait aller mieux
-Avec l’affaire Denizrof ? Oui j’en ai entendu parler, c’est terrible mais je suppose que tu m’appelle pas pour parler de ça
-Non, j’ai besoin d’un service
-Quel genre ?
-Les dossiers des français ayant séjourné au Japon entre 1995 et 2000
Son interlocuteur à l’outre bout du fil semblait légèrement géné aux entournures
-Allo ?
-Qu’es-ce qui te fais croire qu’on à des dossiers sur ce sujet ?
-Ecoute Paul, je sais bien que certains anciens des RG continuent à surveiller les expats au nez et à la barbe de la DGSE.
-Tu cherche quoi ?
-Marie Bellmont à disparu pendant cinq ans et quand elle est revenue, elle parlait couramment japonais
-Je vois et pourquoi je ferrais ça ?
-Une parce que j’étais sauvé la mise sur l’affaire Kieffer et deux parce que j’ai réussi à sauver ton mariage
-Ok ok. Viens demain à 22h où tu sais, je te les remettrai en mains propres
-Ok merci t’es un champion
-Ouais ouais
La conversation cessa brutalement et il n’est pas sur que l’amitié entre Martins et Duroc en sorte renforcée de cet échange.
Le lendemain à 22h précise, les deux hommes se retrouvèrent au milieu du pont Alexandre III où le commandant Martins remis les dossiers au commandant Duroc
-Merci cela va nous aidez dans notre enquête. Je te les rendrai dès que possible
Le commandant Martins ne put s’empecher d’esquisser un sourire
-Regarde la pochette
-Effectivement
Les dossiers étaient emballés dans un sac sur lequel on pouvait lire «à détruire»
-Cela fait deux ans que ces dossiers sont détruits. L’officier de liaison de la DGSE avait obtenu du directeur d’alors leur destruction et il m’en à chargé mais j’ai comment dire oublié
-Merci à charge de revanche
Le Commandant Duroc s’éloigna silencieusement à pied en direction du commissariat quand sa voiture garée à 200m du pont explosa, explosion qui le projeta à terre mais mis à part quelques contusions et deux côtes douloureuses, il s’en tirait bien. Quelques minutes plus ttard, des voitures de police surgirent et bouclèrent le quartier. Le commandant Duroc regagna directement le 36 quai des orfèvres dans une voiture de patrouilles, l’air songeur se demandant dans quel guépier il venait de se fourrer. Il se réinstalla à son bureau et commença à éplucher les dossiers remis par le commandant Martins en esperant avoir le début d’une piste mais le sommeil le terrassa et il se résolu à déplier son lit de camp et à dormir.
Publié par claus44