Marie (7)
Nous nous sommes installés à l’entrée, le long de la vitre. Il faisait encore jour et le temps était agréable. Le soleil commençait à se coucher teintait le ciel de rouge et d’ocre, une brise légère soufflait balayant les quelques nuages. Comme tout bon gentleman, j’ai fait asseoir ma belle avant de m’asseoir juste en face d’elle. J’avais gagné ma première manche, Marie ne se doutait apparement de rien, elle qui avait tendance à me poser des milliards de question, toujours avec le sourire sur ce que je faisais en son absence, sur ma vie passée alors que je ne savais rien d’elle. Tout juste m’avait-elle dit qu’elle venait de Savoie, qu’elle aussi était en rupture familliale mais à part ça, c’était le flou complet.
-Cela fait longtemps que tu ne m’avais pas invité au restaurant ?
-Oui
-Et c’est en quel honneur ?
-Ai-je besoin de raison pour inviter au restaurant la plus belle et la plus intelligente femme du monde ?
-Si cela ne venait pas de toi, je dirais que tu es un baratineur
-Je veux quand même porter un toast : à la vie
-A la vie
Le repas était bien avancé quand j’ai décidé de faire ma demande. Le palpitant s’est mis à battre un peu plus fort quand j’ai sorti de ma poche un écrin de cuir rouge. Je me suis levé et j’ai demandé à ma belle de faire de même. Je me suis agenouillée alors que dans le restaurant, un silence absolu régnait.
-Marie, tu es la femme de ma vie. Je l’ai su dès notre première nuit. Dès ce moment, j’ai su que je ne pouvais pas vivre avec une autre femme.
Ma belle semblait particulièrement émue, ses yeux bleus brillaient
-Marie veut-tu m’épouser ?
-Oui
J’ai glissé la bague au doigt sous les applaudissements de la salle. J’ai embrassé Marie et nous nous sommes réinstallés plus amoureux que jamais
-Garçon !
-Monsieur ?
-Une coupe de champagne pour tout le monde, c’est moi qui régale
-Bien monsieur
Tout allait pour le meilleur des mondes. J’allais épouser la femme de ma vie et entre deux verres de vin, nous avions même parler d’avoir un enfant, le bonheur absolu quoi, puisque notre vie privée était à l’image de de notre vie professionnelle : brillante et passionante. A cet instant précis, j’étais l’homme le plus heureux du monde, je n’avais besoin de rien d’autre que ma belle.
Marie semblait mal à l’aise comme si elle souffrait.
-Ca va chérie ?
-J’ai mal au ventre ?
-Indigestion ?
-Je sais pas
Elle avait posé sa main sur son ventre. Sa main se gorgea de sang
-Renan j’ai, j’ai mal
Marie s’effondra sur le sol, son joli chemisier blanc maculé de sang. Horrifiés par cette scène, les autres clients du restaurant se mirent à hurler
-Applez les secours vite !
Le serveur qui tremblait de tout son être finit par obéir à mon injonction
-Renan ?
-Je suis là chérie, je suis là
Marie serait ma main gauche avec une telle force qu’elle me broyait les doigts mais je n’en avait cure. Elle transpirait à grosses gouttes, son front était brûlant.
-J’ai mal
-Ma chérie, tiens bon les secours vont bientôt arriver
J’étais de plus en plus inquiet. J’étais aussi terriblement frustré car je ne savais quoi faire. Je pense, chers lecteurs et lectrices que vous comprenez ce que je ressentait à cet instant : voir l’être que j’aimais le plus au monde souffrir et être incapable de faire quelque chose pour y remedier.
La fièvre la faisait délirer, elle enchainait avec une remarquable promptitude les crises de larmes et les fous-rire incontrolables quand ils n’étaient pas éclipsés par des cris de douleur
-Je veux pas mourir, je veux pas mourir, je veux pas……..
-Chérie, chérie
Marie venait de s’évanouir et mes claques sur ses joues n’eurent aucun effet
-Je t’en surpris reveille-toi mon amour, je veux pas que tu meurs. Je n’ai que toi. Reveille-toi s’il te plait.
Je me suis effondré sur elle pleurant à chaudes larmes croyant qu’elle avait trepassée mais une brusque quinte de toux me prouva qu’elle était encore de ce monde. Entre-temps, les pompiers étaient arrivés, la prenant aussitôt en charge. J’ai pris place dans l’ambulance qui nous à conduit à l’hôpital Georges Pompidou1 où ma future femme à été admise aux urgences. D’après les premières constatations des médecins, elle souffrait d’une hémorragie intestinale qui menaçait de dégénérer en septisémie. Je me suis assis dans une des salles d’attente et malgré la fatigue, je dirais même l’épuisement, je n’arrivais même pas à dormir. Quelques minutes plus tard, un médécin est venu à ma hauteur.