Marie (3)
Le lendemain matin, j’ai émergé difficilement et j’ai eu un mal fou à me lever. Le moral dans les chaussettes, j’aurais bien aimé rester dans le lit à broyer du noir mais je devais aller à mon agence d’interim pour trouver un petit boulot, sous peine de finir sous les ponts. Je voulais trouver quelque chose qui m’empecherait de penser H24 à Marie, voir pourquoi pas de l’oublier. Il n’y avait que deux offres interessantes : chauffeur-livreur et ouvreur dans une boite de nuit. Avec mon mètre quatre-vingt et mes Quatre vingt cinq kilos, je pouvais très bien faire l’affaire. J’ai donc accepté ce job mais loin de me laisser tranquille, mon obssession pour la belle Marie à été ravivée dès mon premier samedi soir, j’ai croisé une jolie blonde qui lui ressemblait furieusement. Pris par mon boulot et les remarques de mon chef, je n’ai pas eu le temps d’en avoir le coeur net. Toute la nuit, mon esprit à été martelé par les images de ma relation passablement chaotique avec Marie : notre rencontre, nos retrouvailles, notre nuit. Pendant un mois, le même rituel : dès qu’une jolie blonde aux yeux bleus croisait ma route, j’avais l’impression qu’il s’agissait de Marie, qu’elle allait m’expliquer droit dans les yeux pourquoi elle était partie comme une voleuse, sans me donner d’autres explications qu’un vulgaire morceau de papier blanc couvert d’une écriture maladroite. Je pensai à elle matin, midi et soir et j’ai fini par comprendre que j’étais fou d’elle, que je devais la retrouver et la convaincre que nous pouvions vivre heureux et qu’elle ne devait pas avoir peur de s’engager. Le plus dur commençait car je n’avais aucun numéro de téléphone, ni adresse et il y avait surement plusieurs Marie dans le 6ème arrondissement. D’ailleurs étais-ce son vrai nom ? Bref, je partais de zéro, j’aurais pu me décourager mais quelqu’un ou quelque chose me faisait tenir. Je devais la retrouver. Après avoir passé mes soirées dans le bar de notre rencontre ainsi que sur le Pont Neuf, j’ai cru devenir fou. Marie m’obsédait, je ne pouvais fermer les yeux sans revoir son visage, ses yeux , ses longs cheveux, son corps de déesse grecque. Un jour, alors que je me promenais à Montmartre, j’ai eu une illumination : j’allais faire son portrait, ma belle m’obsédait tellement que je pouvais détailler parfaitement le moindre détail de son visage, ses yeux malicieux, son petit nez mutin, ses lévres pulpeuses, son sourire d’une blancheur immaculée. J’ai donc fait son portrait que j’ai distribué dans tous les bars du sixième et du quatorzième arrondissement en esperant que quelqu’un avait connu ma belle. Après dix jours, sans reponse, une personne m’à donné une piste : mon mystérieux correspondant avait vu la fille dont j’avais fait le portrait dans un magasin de vétement du sixième arrondissement. La piste semblait sérieuse puisqu’il m’avait envoyé une photo, une photo pas très nette mais mon sixième sens me disait que c’était Marie. Je n’avais de toute façon aucune autre information, aucune autre piste, j’étais donc prêt à tout risquer pour la retrouver. Je me suis installé dans le café en face du magasin où l’élue de mon coeur était censée travailler mais tout en sirotant ma bière, je ne voyais qu’une fille, une brune _fort jolie d’ailleurs_ qui s’afferait entre la caisse et les rayonnages. Je n’osai bouger de ma place, de peur de louper d’eventuelles retrouvailles. Deux bières et un café plus tard, une porte s’est ouverte à l’intérieur du magasin. Mon mystérieux informateur ne s’était pas trompé : c’était bien elle. Le plus dur allait commencer puisque je devais la convaincre de me laisser une chance. J’ai attendu la fermeture du magasin et le fait que Marie soit seule pour me jeter à l’eau