Marie (2)
Je suis alors monté sur la rembarde en pierre mais au moment de faire le grand saut, j’ai été envahit par la peur. Je voulais me jetter dans la Seine, je voulais en finir mais c’était comme si mon cerveau refusait de donner l’ordre à mon corps de plonger. Des larmes ont coulé silencieusement de mes yeux fatigués sur mes joues blanches. J’ai levé les yeux au ciel, j’ai respiré profondément mais quand je me suis décidé à plonger
-Non ne fait pas ça
J’ai sursauté et je me suis retourné. C’était elle, elle était là. A ce moment précis, je ne savais pas quoi penser, si je devais être fou de joie de retrouver celle qui m’obsedait depuis notre rencontre ou si je devais être triste
-Va-t-en
-Quoi ?
-Tu as très bien entendu, va-t-en ?
-C’est comme ça que tu le prends ?
Je me suis retourné vers elle, le regard plein de haine
-Je le prends comme ça parce que depuis que je t’ai rencontré ma vie est devenue un vrai bordel
Marie semblait sincèrement peinée par ma remarque. Après tout de quel droit je lui parlais sur ce ton, c’est elle qui était venue me chercher et elle n’était ni responsable de mon licenciement et de mon agression.
-S’il te plait Renan, descend de cette balustrade, que l’on discute cinq minutes
J’avais un choix capital à faire : sauter ou suivre Marie. J’étais complètement paumé, des milliards de question se bousculaient dans ma tête. C’est alors que Marie m’à prise par la main et m’à fait descendre avec autorité et délicatesse de la balustrade. A cet instant précis, je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, si je devais la suivre ou m’enfuir.
-Suis moi
Je l’ai suivi. Mon obssession pour la belle Marie avait effacé tout mon mal-être, toute ma rancoeur.
A 2h du matin, nous avons fini par trouver un petit bar encore ouvert et nous nous sommes installés
-Je suis désolée
-De quoi ?
-Je pensais pas que tu te jetterai dans la Seine à cause de moi
-Tu n’es pas responsable de ça
-Ce n’est pas ce que tu m’as dit tout à l’heure ?
-Touché
Après quelques minutes d’un silence lourd et pésant, notre conversation à repris
-Je voulais te revoir mais pendant quelques jours, j’ai été indisponible et quand je suis revenu à ce bar, je n’étais jamais revu
-Je suis venu les trois soirs suivants puis au bout du quatrième, j’ai fini par laisser tomber
-Et à ce moment là que tout s’est detraqué ?
-On peut dire ça comme ça.
Notre discussion s’est poursuivit dans une atmosphère étrange, à la fois ouverte et distante, franche et hypocrite. Sur les coups de 3h du matin, il à bien fallu se résoudre à quitter le bar. Depuis mon licenciement, j’avais du quitter mon appartement pour une simple chambre de bonne dans les combles. Ce n’était pas très luxueux mais au moins j’avais un toit pour moi et à moi. Je lui ai proposé de la raccompagner à pied et comme elle n’à pas dit non, j’ai supposé qu’elle habitait dans le quartier
-Tu habite à quelle adresse ?
-En fait j’habite pas dans le 14ème mais dans le 6ème arrondissement, c’était un pretexte pour rester encore un peu avec toi
Cette phrase à fait grimper un peu la temperature. J’étais de nouveau perdu
-Cela me gène un peu car je suis arrivé chez moi et je voudrais pas te laisser rentrer seule, ce ne serait pas digne d’un gentleman et ……….
C’est alors que Marie m’embrassa. Un baiser bref qui en appelait un autre………..enfin normalement
-Je suis désolé, je sais pas ce qui m’à pris ,j’aurais pas du, je, excuse moi
Elle s’est mise alors à courir et à cet instant, je n’avais que deux choix possible : la laisser partir ou tenter de la rattraper. J’ai essayé et j’ai réussi à la rattraper. Elle avait pleuré, son maquillage avait deteint sur ses joues. J’ai essuyé les traces de mascara et je l’ai embrassé. Ce fût le plus beau baiser de ma vie, un baiser long, chaud et langoureux, le genre de baiser qui vous marque à vie. La pluie s’est mise à tomber et nous sommes rentrés dans ma chambre, sous les combles où nous avons passé une nuit magique, la plus belle nuit de ma vie. Nous nous sommes endormis alors que le soleil perçait à travers le volet pourri de ma vasistas. Visiblement fatigué, j’ai dormi jusqu’à 16h et quand j’ai enfin réussi emergé, il ne restait de Marie que la chaleur de son corps et le parfum qui avait impregné les draps. Je me suis levé, j’ai fait une rapide toilette et en prenant mes clés pour sortir, un morceau de papier est tombé par terre. Je l’ai pris et je l’ai lu. C’était un message de Marie
Tu va peut être trouvé ma façon d’agir égoïste, peut être m’as tu traitée de tous les noms mais si j’ai agit ainsi c’est que j’ai mes raisons. Sache que je garde un merveilleux souvenir de cette nuit, une nuit qui restera gravée dans ma mémoire. Si tu cherche à me retrouver, sache que c’est inutile. Tu es un mec bien et je ne suis pas le genre de fille avec qui on peut construire quelque chose
Adieu
J’ai froissé le papier dans ma main et je l’ai maudite. J’ai d’un seul coup eu horreur de cette chambre et je suis sorti pour prendre l’air, réflechir si du moins mon cerveau en était capable. J’ai passé le reste de l’après midi à errer dans les rues de Paris. Je ne savais pas si je devais être triste, en colère, dégouté ou excité. Je ne savais pas si je devais essayer de la retrouver ou me contenter de cette seule et unique nuit. Je suis rentré chez moi, épuisé et fourbu et sans être plus avancé. Je me suis endormi me demandant si je n’avais pas fait une connerie en ne sautant pas dans la Seine………..