Marie (7)

avril 30, 2008

Nous nous sommes installés à l’entrée, le long de la vitre. Il faisait encore jour et le temps était agréable. Le soleil commençait à se coucher teintait le ciel de rouge et d’ocre, une brise légère soufflait balayant les quelques nuages. Comme tout bon gentleman, j’ai fait asseoir ma belle avant de m’asseoir juste en face d’elle. J’avais gagné ma première manche, Marie ne se doutait apparement de rien, elle qui avait tendance à me poser des milliards de question, toujours avec le sourire sur ce que je faisais en son absence, sur ma vie passée alors que je ne savais rien d’elle. Tout juste m’avait-elle dit qu’elle venait de Savoie, qu’elle aussi était en rupture familliale mais à part ça, c’était le flou complet.
-Cela fait longtemps que tu ne m’avais pas invité au restaurant ?
-Oui
-Et c’est en quel honneur ?
-Ai-je besoin de raison pour inviter au restaurant la plus belle et la plus intelligente femme du monde ?
-Si cela ne venait pas de toi, je dirais que tu es un baratineur
-Je veux quand même porter un toast : à la vie
-A la vie
Le repas était bien avancé quand j’ai décidé de faire ma demande. Le palpitant s’est mis à battre un peu plus fort quand j’ai sorti de ma poche un écrin de cuir rouge. Je me suis levé et j’ai demandé à ma belle de faire de même. Je me suis agenouillée alors que dans le restaurant, un silence absolu régnait.
-Marie, tu es la femme de ma vie. Je l’ai su dès notre première nuit. Dès ce moment, j’ai su que je ne pouvais pas vivre avec une autre femme.
Ma belle semblait particulièrement émue, ses yeux bleus brillaient
-Marie veut-tu m’épouser ?
-Oui
J’ai glissé la bague au doigt sous les applaudissements de la salle. J’ai embrassé Marie et nous nous sommes réinstallés plus amoureux que jamais
-Garçon !
-Monsieur ?
-Une coupe de champagne pour tout le monde, c’est moi qui régale
-Bien monsieur
Tout allait pour le meilleur des mondes. J’allais épouser la femme de ma vie et entre deux verres de vin, nous avions même parler d’avoir un enfant, le bonheur absolu quoi, puisque notre vie privée était à l’image de de notre vie professionnelle : brillante et passionante. A cet instant précis, j’étais l’homme le plus heureux du monde, je n’avais besoin de rien d’autre que ma belle.
Marie semblait mal à l’aise comme si elle souffrait.
-Ca va chérie ?
-J’ai mal au ventre ?
-Indigestion ?
-Je sais pas
Elle avait posé sa main sur son ventre. Sa main se gorgea de sang
-Renan j’ai, j’ai mal
Marie s’effondra sur le sol, son joli chemisier blanc maculé de sang. Horrifiés par cette scène, les autres clients du restaurant se mirent à hurler
-Applez les secours vite !
Le serveur qui tremblait de tout son être finit par obéir à mon injonction
-Renan ?
-Je suis là chérie, je suis là
Marie serait ma main gauche avec une telle force qu’elle me broyait les doigts mais je n’en avait cure. Elle transpirait à grosses gouttes, son front était brûlant.
-J’ai mal
-Ma chérie, tiens bon les secours vont bientôt arriver
J’étais de plus en plus inquiet. J’étais aussi terriblement frustré car je ne savais quoi faire. Je pense, chers lecteurs et lectrices que vous comprenez ce que je ressentait à cet instant : voir l’être que j’aimais le plus au monde souffrir et être incapable de faire quelque chose pour y remedier.
La fièvre la faisait délirer, elle enchainait avec une remarquable promptitude les crises de larmes et les fous-rire incontrolables quand ils n’étaient pas éclipsés par des cris de douleur
-Je veux pas mourir, je veux pas mourir, je veux pas……..
-Chérie, chérie
Marie venait de s’évanouir et mes claques sur ses joues n’eurent aucun effet
-Je t’en surpris reveille-toi mon amour, je veux pas que tu meurs. Je n’ai que toi. Reveille-toi s’il te plait.
Je me suis effondré sur elle pleurant à chaudes larmes croyant qu’elle avait trepassée mais une brusque quinte de toux me prouva qu’elle était encore de ce monde. Entre-temps, les pompiers étaient arrivés, la prenant aussitôt en charge. J’ai pris place dans l’ambulance qui nous à conduit à l’hôpital Georges Pompidou1 où ma future femme à été admise aux urgences. D’après les premières constatations des médecins, elle souffrait d’une hémorragie intestinale qui menaçait de dégénérer en septisémie. Je me suis assis dans une des salles d’attente et malgré la fatigue, je dirais même l’épuisement, je n’arrivais même pas à dormir. Quelques minutes plus tard, un médécin est venu à ma hauteur.


Marie (6)

avril 30, 2008

En septembre, six mois après notre rencontre , je me suis inscrit en fac de droit à l’université Pairs I Panthéon Sorbonne, travaillant d’arrache pied à la fois par plaisir mais aussi parce que Marie m’y poussait énergiquement, m’engueulant copieusement quand je trainais les pieds pour bosser les cours et les TD. Nous avions beau être proche de la trentaine, nous nous comportions comme des ados, mangeant n’importe comment, sortant quand on le pouvait, bref profitant de chaque instant, savourant chaque minute, chaque seconde de cette histoire merveilleuse. Marie avait elle aussi repris ses études de journalisme, revant de 20h, de respect et de pouvoir. Cette soif de réussite nous aiguillonait, nous nous tirions joyeusement la bourre et cette compétition nous rendaient invincibles. C’est ainsi que nous avons tout les deux obtenus notre licence, moi en droit et elle en journalisme avec mention, prêt à affronter la vie active : moi dans un cabinet d’avocat d’affaires et elle dans la redaction de France 2. Nous avons alors déménagé dans le 18ème arrondissement, plus précisement à Montmartre, un lieu que j’adorai depuis mon arrivée à Paris et qui était encore plus cher dans mon coeur depuis les portraits de Marie que j’avais fait faire. Un jour, nous nous promenions dans Paris quand je lui ai proposé de se promener à Montmartre. Malgré la fatigue, elle à acceptée. Je savais exactement où je voulais aller, dans une ruelle près du café des Deux Moulins dans une petite cabanne en bois. Un vieil homme barbu nous acceuillit
-Tiens mais c’est notre amoureux transit !
-Bonjour
Marie était perplexe ne comprenant pas pourquoi je l’avais enmener dans cette cabane exigue
-Il ne vous à pas raconter ?
-Non
-Quand il à perdu votre trace la deuxième fois, il est venu me voir pour faire votre portrait. Je connais des gens qui se souvienne bien des gens qu’ils veulent dessiner mais votre petit ami m’à fait une description assez stupéfiante. Je suppose que vous venez pour un portrait
-Oui
-Eh bien jeunes gens installez vous. Vous voulez un café
-Volontiers
Nous avons donc pris la pause. J’étais assis et Marie avait sa tête posée sur mon épaule droite, les jambes allongées sur le matelas. Je me souviens avoir éclaté de rire car ses cheveux d’or me chatouillait le nez. Le portrait fini, nous sommes rentrés dans notre appartement, le portrait s’installant sur le mur en face du lit comme ça quand nous devions dormir seul, l’autre n’était pas loin.

Après quatre ans de relation (presque) sans nuages, j’ai fais le point. Marie était la femme de ma vie, j’en étais sure mais voulais-je garder le status quo ou voulais-je aller plus loin. Avec nos boulots particulièrement prenants, il était difficile d’envisager d’avoir des enfants du moins dans l’immédiat mais pourquoi pas me marier avec elle ? J’y ai longuement réflechi, alléché par la perspective de voir ma belle tout de blanc vétue, s’avancer vers l’autel. Mon avenir professionel assuré par un rôle d’actionnaire dans le premier cabinet d’avocats de Paris, je me sentais prêt à franchir le pas. Un soir de mars, dans une ambiance printanière, j’ai décidé de lui demander sa main. L’ambiance était d’autant plus détendue que ma belle venait de m’annoncer qu’elle allait devenir grand reporter, son rêve de petite fille. Elle s’imaginait déjà couvrir les grands évenements aux quatre coins du monde. Le contexte était donc propice à cette demande que j’ai voulu classe et romantique. J’ai réservé une table dans le plus grand restaurant de Paris sans oublier de faire un saut place Vendôme pour acheter une belle bague de fiancaille avec diamant et rubis. Inutile de vous dire que j’étais excessivement nerveux en arrivant au restaurant mais l’arrivée de la femme de ma vie dans une splendide robe noire, le sourire éclatant m’à fait perdre toute nervosité : si j’avais été capable de séduire une aussi belle femme, je ne pouvais ne pas être quelqu’un d’ordinaire…………….


Marie (5)

avril 30, 2008

Le lendemain matin, je suis descendu chercher les croissants en sifflotant. J’étais si heureux que rien ne semblait pouvoir m’atteindre. En réalité, je n’avais qu’une crainte : que Marie ne décide de profiter de mon absence pour fuir une nouvelle fois et cette fois-ci disparaître totalement du paysage. Fort heureusement, quand je suis remonté, elle était toujours là, dormant sur le ventre, le visage serein, la respiration tranquille. Durant la préparation du petit déjeuner, je me suis fait une promesse à moi même. D’habitude quand je commence à sortir avec une fille, je suis d’une curiosité maladive, je veux tout savoir de la fille qui partage ma vie et mon lit. Certains pourraient trouver ça malsain mais c’était pour mois l’assurance d’avoir une relation franche et sincère, d’autant plus sincère que j’était moi aussi d’une totale franchise. Le cas Marie était différent : si elle avait eu autant de mal à se faire à l’idée que nous pourrions sortir ensemble, c’est qu’elle avait eu des expériences passées particulièrement douloureuses et lui demander de tout me raconter, c’était prendre le risque de la faire fuir encore une fois et j’ai décidé de ne rien lui demander, de la laisser me raconter, acceptant volontiers de lui servir de thérapie. J’étais à ce point accro à elle que j’en étais rendu à un point où perdre toute dignité, tout sens moral ou tout amour propre me semblait être un sacrifice bien léger. Le petit déjeuner au lit à été rapide, tout simplement parce que nous avions une folle envie l’un de l’autre. Ce fût d’ailleurs à quoi nous nous livrâmes durant les trois jours suivants, nous ne quittions que très rarement le lit et chaque instant où nous étions loin l’un de l’autre était un calvaire. Tout se passait à merveille même si au bout de trois jours de ce régime, nous avons du sortir pour reprendre contact avec la civilisation.

C’était ma plus belle histoire mais aussi la plus étrange, la plus surprenante. Contrairement à d’habitude, je ne me posait aucune question et je me contentait de profiter du moindre instant avec ma belle qui semblait apprécier cette relation, elle si rétive à la vie à deux. Elle allait pourtant me surprendre puisqu’à peine une semaine après le début de notre liaison, elle m’à proposé de venir habiter chez elle, me disant en rigolant qu’elle avait pitié de ma chambre de bonne. J’ai bien entendu accepté, fou de joie et une semaine plus tard, nous étions en plein déménagement, mes quelques affaires allant prendre leur place dans les penderies, la salle de bain et les diverses armoires d’un petit mais coquet studio à deux pas du magasin de vétements où ma belle travaillait. Moi qui avait atteint fait une croix sur tout projet d’avenir pour ne vivre qu’au jour le jour, je me redécouvrai des ambitions, avide de voir le regard de ma belle briller. Elle m’à ainsi convaincue de reprendre mes études de droit que j’avais arrêté il y à de cela cinq ans quand après une énième dispute avec mes parents, j’ai pris mes affaires, quittant Calvi pour Paris où je voulais repartir à zéro. Bien évidement, dans ces cas là, vous pensez que tout va être facile, que vous allez vite vous en sortir, que la rue ce n’est pas pour vous, que vous allez toujours manger à votre faim. Grossière erreur ! Les six premiers mois à Paris furent un calvaire : je trainais d’hôtel minable en auberges de jeunesse quand ce n’était pas un foyer pour jeunes travailleurs, les petits boulots me permettaient à peine de joindre les deux bouts. J’aurais pu laisser tout tomber mais un mot de mon père m’empecha «Minable, tu n’es qu’un minable !». Ce mot me resonnait en permanence dans la tête et il était hors de question que je revienne à la maison car passé le moment des retrouvailles chaleureuses et des pardons, les reproches et les critiques ne tarderaient pas à refaire surface. J’ai fini par trouver un boulot de télévendeur dans une société de vente par correspondance ce qui m’à permis au moins de trouver un vrai logement et de commencer à reprendre pied. Je n’étais pas plus heureux mais au moins j’avais un vrai toit sur la tête, je mangeais à ma faim et parfois je pouvais me faire plaisir comme le jour où je me suis offert un aller-retour vers Londres, une ville d’un dynanisme fabuleux qui me fascina tellement que j’ai même envisagé de m’y installer avant de reculer peut être par peur de revivre ma période noire dont je venais à peine de sortir. J’ai tout raconter en détail à ma belle et elle m’à demandé pourquoi je ne reprenais pas mes études. Je n’ai pu repondre que «Bonne question» et durant les trois jours suivants j’ai ressassé cette question avant de me décider à me réinscrire à la rentrée de septembre en droit pour devenir un jour avocat. C’était à la fois un moyen de prouver à mes parents que j’étais capable de faire quelque chose et cela rendrait ma belle heureuse…….


Marie (4)

avril 28, 2008

-Marie
ma jolie blonde sursauta mais passé l’instant de stupeur, elle retrouva son calme et son sérieux
-Qu’es-ce que tu fais là ?
-Je suis là pour toi
-Pour moi ?
-Oui pour toi
-Es-ce que tu comprends le sens plein et entier de l’expression «Si tu essaye de me retrouver, sache que c’est inutile» ?
-le français n’ à jamais été mon fort à l’école
Ce trait d’humour loin de dérider ma belle la rendit encore plus froide et distance
-Je vais le faire plus simple : casse-toi, tu comprends ça ?
J’ai attrapé son bras droit
-Lache-moi tu me fais mal ! Lache moi ! Lache moi
Marie essaya de se dégager en tapant violement mon bras en esperant que je lache prise. C’était bien mal me connaître car en cet instant, j’étais bien décidé à ne pas la laisser partir une troisième fois. Problème, notre esclandre avait attiré des spectateurs
-Ca va mademoiselle ?
-Dégage c’est pas tes oignons !
L’homme peut être intimidé par mon mètre quatre-vingt cinq et mes quatre vingt cinq kilos sans parler de mon regard haineux detourna pudiquement le regard et préféra changer de trottoir mais cette courte interruption avait permis à Marie de courir. J’ai pourtant fini par la rattraper et lui attraper à nouveau le bras
-Marie, je veux juste te parler
-J’ai pas envie de t’écouter
-Eh bien tu va le faire quand même
-Et sinon quoi ? Tu va me frapper comme tu as du surement faire avec toutes tes ex désobeissantes ?
J’étais atteré : où était passée la Marie drôle et aimante, chaleureuse et pleine d’humour
-Comment tu pourrais le savoir, tu ne me connais pas
-Et si je n’avais pas envie de te connaître ?
-Ecoute, je ne sais pas ce que tu as vécu ou ce que tu as fais avant notre rencontre. Tu as surement beaucoup souffert
-Un point pour le psychanalyste de Bazar
-Marie s’il te plait
J’ai prononcé ces mots d’une voix douce et j’ai posé ma main sur son bras. Elle à frissoné mais elle n’à pas cherché à se défaire de cet entreinte
-Ce que je veux dire c’est que je veux que tu me laisse une chance, une seule et unique chance.
-Je suis pas une fille bien
-Foutaises et balivernes ! Je ne pense pasqu’il y ait des filles d’une nuit et des filles d’une vie. Je veux de te prouver que tu peux vivre heureuse avec un homme, que tu peux vivre heureuse avec moi
Marie semblait hésiter. J’aurais bien aimé rentrer dans sa tête pour savoir ce qui lui traversait à cet instant précis. Elle m’à alors tourné le dos et s’est mise à courir à toutes enjambées à tel point que j’ai eu du mal à la suivre mais j’ai fini par la rattraper, la secouant un peu rudement
-Maintenant, j’en ai marre ! J’en ai assez de te courir après ! Tu ne comprends pas que je t’aime ! Que je suis fou de toi ! Je pense à toi en permanence, il suffit que je ferme les yeux pour te voir !
J’ai prononcé tous ces mots d’une voix pleine de rancoeur et de colère, la secouant rudement par les épaules. Marie ne se laissa pas faire, elle essaya de se défaire de mon emprise en me frappant le plus fort possible sur le torse mais plus elle frappait, plus elle semblait perdre de la force. C’était comme si son esprit lui disait non et que son coeur disait oui
-Pourquoi ! Pourquoi ! Pourquoi tu ne me lache pas ! Hein pourquoi ! Je veux pas te faire souffrir ! Je veux pas, je veux pas
Marie éclata alors en sanglots et trouva en mon épaule gauche un reconfort bienvenu et alors qu’elle s’épanchait, je caressait ses longs cheveux blonds. La nuit tombait et il s’est mis à pleuvoir. J’y ai vu un signe : au moment où nous nous étions embrassés, il pleuvait averse. Elle à finit par relever la tête, le maquillage défait, les yeux rougis desquels perlaient encore quelques larmes que j’ai bien vite essuyé. J’avais la gorge nouée, le coeur battant à la chamade, je tremblais. Nos lèvres se sont rapprochés et nous nous embrassés longuement alors que la pluie était de plus en plus violente et qu’autour les piétons se pressaient pour rentrer chez eux ou trouver un abri. Nos vétements étaient trempés mais nous n’en avions cure, nous étions ensemble et le monde autour de nous n’existait plus. Nous sommes rentrés dans ma chambre de bonne minable et nous avons passé la nuit ensemble, la plus belle et la plus chaude nuit de ma vie, le début d’une relation que j’esperai la plus longue et la plus heureuse possible…………


Marie (3)

avril 28, 2008

Le lendemain matin, j’ai émergé difficilement et j’ai eu un mal fou à me lever. Le moral dans les chaussettes, j’aurais bien aimé rester dans le lit à broyer du noir mais je devais aller à mon agence d’interim pour trouver un petit boulot, sous peine de finir sous les ponts. Je voulais trouver quelque chose qui m’empecherait de penser H24 à Marie, voir pourquoi pas de l’oublier. Il n’y avait que deux offres interessantes : chauffeur-livreur et ouvreur dans une boite de nuit. Avec mon mètre quatre-vingt et mes Quatre vingt cinq kilos, je pouvais très bien faire l’affaire. J’ai donc accepté ce job mais loin de me laisser tranquille, mon obssession pour la belle Marie à été ravivée dès mon premier samedi soir, j’ai croisé une jolie blonde qui lui ressemblait furieusement. Pris par mon boulot et les remarques de mon chef, je n’ai pas eu le temps d’en avoir le coeur net. Toute la nuit, mon esprit à été martelé par les images de ma relation passablement chaotique avec Marie : notre rencontre, nos retrouvailles, notre nuit. Pendant un mois, le même rituel : dès qu’une jolie blonde aux yeux bleus croisait ma route, j’avais l’impression qu’il s’agissait de Marie, qu’elle allait m’expliquer droit dans les yeux pourquoi elle était partie comme une voleuse, sans me donner d’autres explications qu’un vulgaire morceau de papier blanc couvert d’une écriture maladroite. Je pensai à elle matin, midi et soir et j’ai fini par comprendre que j’étais fou d’elle, que je devais la retrouver et la convaincre que nous pouvions vivre heureux et qu’elle ne devait pas avoir peur de s’engager. Le plus dur commençait car je n’avais aucun numéro de téléphone, ni adresse et il y avait surement plusieurs Marie dans le 6ème arrondissement. D’ailleurs étais-ce son vrai nom ? Bref, je partais de zéro, j’aurais pu me décourager mais quelqu’un ou quelque chose me faisait tenir. Je devais la retrouver. Après avoir passé mes soirées dans le bar de notre rencontre ainsi que sur le Pont Neuf, j’ai cru devenir fou. Marie m’obsédait, je ne pouvais fermer les yeux sans revoir son visage, ses yeux , ses longs cheveux, son corps de déesse grecque. Un jour, alors que je me promenais à Montmartre, j’ai eu une illumination : j’allais faire son portrait, ma belle m’obsédait tellement que je pouvais détailler parfaitement le moindre détail de son visage, ses yeux malicieux, son petit nez mutin, ses lévres pulpeuses, son sourire d’une blancheur immaculée. J’ai donc fait son portrait que j’ai distribué dans tous les bars du sixième et du quatorzième arrondissement en esperant que quelqu’un avait connu ma belle. Après dix jours, sans reponse, une personne m’à donné une piste : mon mystérieux correspondant avait vu la fille dont j’avais fait le portrait dans un magasin de vétement du sixième arrondissement. La piste semblait sérieuse puisqu’il m’avait envoyé une photo, une photo pas très nette mais mon sixième sens me disait que c’était Marie. Je n’avais de toute façon aucune autre information, aucune autre piste, j’étais donc prêt à tout risquer pour la retrouver. Je me suis installé dans le café en face du magasin où l’élue de mon coeur était censée travailler mais tout en sirotant ma bière, je ne voyais qu’une fille, une brune _fort jolie d’ailleurs_ qui s’afferait entre la caisse et les rayonnages. Je n’osai bouger de ma place, de peur de louper d’eventuelles retrouvailles. Deux bières et un café plus tard, une porte s’est ouverte à l’intérieur du magasin. Mon mystérieux informateur ne s’était pas trompé : c’était bien elle. Le plus dur allait commencer puisque je devais la convaincre de me laisser une chance. J’ai attendu la fermeture du magasin et le fait que Marie soit seule pour me jeter à l’eau


Retour à l’ordre

avril 26, 2008

blason du Football Club de Nantes

9 mai 2007 : Après 44 saisons consécutives dans l’élite (record à battre), le Football Club de Nantes est relégué.
25 avril 2008: Après une saison qui ne le vit jamais descendre au delà de la troisième place, le FCN remonte en Ligue 1

Cette descente à donc été un mal pour bien. Après plusieurs saisons d’une lente agonie à cause de dirigeants incompetents, le club aux huits titres de champion de France et aux trois coupes de France était relegué en L2 pour la première fois depuis sa dernière montée en …………1963, dernière montée qui était en fait la seule puisque mon club de coeur créé en 1943 avait du patienter vingt ans avant d’accéder à l’élite.

Le problème avec la L2 c’est que l’on sait quand on descend mais on sait jamais quand on remonte. Le FCN qui à entre temps changé de propriétaire à donc réussi le pari de la remontée immédiate. Esperons que le nouveau FCN suive le même parcours que son ainé qui était devenu champion de France deux ans après sa montée en 1965

L’ élite du football français ne pouvait descement pas se passer d’un club aussi prestigieux que Nantes comme elle aurait du mal à se passer plusieurs saisons du PSG. Je pense cependant qu’une année en L2 permettrait au club parisien de se remettre la tête à l’endroit et de repartir de l’avant.


Marie (2)

avril 22, 2008

Je suis alors monté sur la rembarde en pierre mais au moment de faire le grand saut, j’ai été envahit par la peur. Je voulais me jetter dans la Seine, je voulais en finir mais c’était comme si mon cerveau refusait de donner l’ordre à mon corps de plonger. Des larmes ont coulé silencieusement de mes yeux fatigués sur mes joues blanches. J’ai levé les yeux au ciel, j’ai respiré profondément mais quand je me suis décidé à plonger
-Non ne fait pas ça
J’ai sursauté et je me suis retourné. C’était elle, elle était là. A ce moment précis, je ne savais pas quoi penser, si je devais être fou de joie de retrouver celle qui m’obsedait depuis notre rencontre ou si je devais être triste
-Va-t-en
-Quoi ?
-Tu as très bien entendu, va-t-en ?
-C’est comme ça que tu le prends ?
Je me suis retourné vers elle, le regard plein de haine
-Je le prends comme ça parce que depuis que je t’ai rencontré ma vie est devenue un vrai bordel
Marie semblait sincèrement peinée par ma remarque. Après tout de quel droit je lui parlais sur ce ton, c’est elle qui était venue me chercher et elle n’était ni responsable de mon licenciement et de mon agression.
-S’il te plait Renan, descend de cette balustrade, que l’on discute cinq minutes
J’avais un choix capital à faire : sauter ou suivre Marie. J’étais complètement paumé, des milliards de question se bousculaient dans ma tête. C’est alors que Marie m’à prise par la main et m’à fait descendre avec autorité et délicatesse de la balustrade. A cet instant précis, je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, si je devais la suivre ou m’enfuir.
-Suis moi
Je l’ai suivi. Mon obssession pour la belle Marie avait effacé tout mon mal-être, toute ma rancoeur.
A 2h du matin, nous avons fini par trouver un petit bar encore ouvert et nous nous sommes installés
-Je suis désolée
-De quoi ?
-Je pensais pas que tu te jetterai dans la Seine à cause de moi
-Tu n’es pas responsable de ça
-Ce n’est pas ce que tu m’as dit tout à l’heure ?
-Touché
Après quelques minutes d’un silence lourd et pésant, notre conversation à repris
-Je voulais te revoir mais pendant quelques jours, j’ai été indisponible et quand je suis revenu à ce bar, je n’étais jamais revu
-Je suis venu les trois soirs suivants puis au bout du quatrième, j’ai fini par laisser tomber
-Et à ce moment là que tout s’est detraqué ?
-On peut dire ça comme ça.
Notre discussion s’est poursuivit dans une atmosphère étrange, à la fois ouverte et distante, franche et hypocrite. Sur les coups de 3h du matin, il à bien fallu se résoudre à quitter le bar. Depuis mon licenciement, j’avais du quitter mon appartement pour une simple chambre de bonne dans les combles. Ce n’était pas très luxueux mais au moins j’avais un toit pour moi et à moi. Je lui ai proposé de la raccompagner à pied et comme elle n’à pas dit non, j’ai supposé qu’elle habitait dans le quartier
-Tu habite à quelle adresse ?
-En fait j’habite pas dans le 14ème mais dans le 6ème arrondissement, c’était un pretexte pour rester encore un peu avec toi
Cette phrase à fait grimper un peu la temperature. J’étais de nouveau perdu
-Cela me gène un peu car je suis arrivé chez moi et je voudrais pas te laisser rentrer seule, ce ne serait pas digne d’un gentleman et ……….
C’est alors que Marie m’embrassa. Un baiser bref qui en appelait un autre………..enfin normalement
-Je suis désolé, je sais pas ce qui m’à pris ,j’aurais pas du, je, excuse moi
Elle s’est mise alors à courir et à cet instant, je n’avais que deux choix possible : la laisser partir ou tenter de la rattraper. J’ai essayé et j’ai réussi à la rattraper. Elle avait pleuré, son maquillage avait deteint sur ses joues. J’ai essuyé les traces de mascara et je l’ai embrassé. Ce fût le plus beau baiser de ma vie, un baiser long, chaud et langoureux, le genre de baiser qui vous marque à vie. La pluie s’est mise à tomber et nous sommes rentrés dans ma chambre, sous les combles où nous avons passé une nuit magique, la plus belle nuit de ma vie. Nous nous sommes endormis alors que le soleil perçait à travers le volet pourri de ma vasistas. Visiblement fatigué, j’ai dormi jusqu’à 16h et quand j’ai enfin réussi emergé, il ne restait de Marie que la chaleur de son corps et le parfum qui avait impregné les draps. Je me suis levé, j’ai fait une rapide toilette et en prenant mes clés pour sortir, un morceau de papier est tombé par terre. Je l’ai pris et je l’ai lu. C’était un message de Marie

Tu va peut être trouvé ma façon d’agir égoïste, peut être m’as tu traitée de tous les noms mais si j’ai agit ainsi c’est que j’ai mes raisons. Sache que je garde un merveilleux souvenir de cette nuit, une nuit qui restera gravée dans ma mémoire. Si tu cherche à me retrouver, sache que c’est inutile. Tu es un mec bien et je ne suis pas le genre de fille avec qui on peut construire quelque chose
Adieu

J’ai froissé le papier dans ma main et je l’ai maudite. J’ai d’un seul coup eu horreur de cette chambre et je suis sorti pour prendre l’air, réflechir si du moins mon cerveau en était capable. J’ai passé le reste de l’après midi à errer dans les rues de Paris. Je ne savais pas si je devais être triste, en colère, dégouté ou excité. Je ne savais pas si je devais essayer de la retrouver ou me contenter de cette seule et unique nuit. Je suis rentré chez moi, épuisé et fourbu et sans être plus avancé. Je me suis endormi me demandant si je n’avais pas fait une connerie en ne sautant pas dans la Seine………..


Marie

avril 21, 2008

Avez vous déjà été heureux ? Avez-vous déjà eu cet sentiment de plénitude, cette sensation que vous possédez tout ce que vous deviez possédez. Peu de personnes arrive à dire qu’ils sont réellement heureux et pourtant cela se joue souvent à peu de choses. Je fais partie de la poignée de personne sur cette terre qui à eu la chance de toucher du bout des doigts le pur, le vrai bonheur.

Ce bonheur avait un nom : Marie. Je l’ai rencontré dans un bar un soir de déprime après une nouvelle journée de travail ininteressante, à faire semblant de travailler avec des collègues que vous méprisez (et qui vous le rendent bien), à supporter les sautes d’humeur d’un petit chef dont l’incompétence n’à d’égal que l’arrogance. Elle est apparue tel un ange : de longs cheveux blonds, un sourire ravageur, des yeux bleus malicieux et un corps de rêve. Elle s’est assise à côté de moi mais je n’avais pas envie de parler. C’est donc elle qui à fait le premier pas : elle m’à payé un verre et elle s’est presentée. Très attirée par la belle Marie, j’ai abandonné mon rôle d’ours mal leché pour celui du déprimé de service, espérant que ce numéro serait suffisant pour séduire la belle. Après quelques verres, je suis naturellement allé aux toilettes et quand je suis revenu, Marie n’était plus là.
-Je vous doit combien ?
-Rien du tout, la fille avec qui vous etiez à payé
-Très bien merci
Je suis rentré à mon appartement triste et là mais quand je me suis couché et que j’ai fermé les yeux, je ne cessais de revoir son visage. Je n’arrivai pas à oublier son sourire, son regard, ses longs cheveux blonds, sa voix douce et apaisante. Etais-je amoureux ? Ah ce moment je ne le savais pas encore mais ce qui est sur c’est que la prochaine fois que je reverrai Marie, je ne la laisserai pas partir.
Je suis revenu trois soirs de suite à ce bar qui se trouvait pourtant à plus de trois kilomètres de mon appartement mais sans aucun succès. La belle Marie n’était pas là à croire que le destin ne voulait pas m’accorder une nouvelle chance et pour couronner le tout le lendemain, j’ai appris que j’allais être licencié. Inutile de vous dire qu’à cet instant précis, je ne savais plus sur quel pied danser. Je ne savais plus du tout si je devais me rejouir de ma furtive rencontre avec Marie ou si je devais la maudire puisque depuis tout etait allé de travers. Un vendredi alors que je rentrai du bar, je me suis fait agresser dans une ruelle à deux pas de chez moi. Bilan : deux côtes et le nez cassé, un portable et un portefeuille en moins.
Qu’avais-je donc fait pour mériter un tel traitement ? Je n’étais pas boudhiste et le concept de réincarnation était assez flou pour moi mais j’avais l’impression de payer pour tout ce que j’avais fait dans d’hypothétiques vies antérieures. J’avais approché une fille sublime, j’avais senti au cours de notre rencontre que le courant passait plutôt bien et alors que j’esperai enfin trouver un sens à ma vie, voilà que ma vie était devenu un foutu bordel. Des idées plus noires les unes que les autres me passait par la tête, j’étais déprimé, au bout du rouleau et un soir, je me suis rendu au Pont Neuf pour admirer la Seine, en fait en finir avec cette vie de merde. J’en avais assez de souffrir…………

A suivre