THE CHRISTMAS ‘S GIRL
Matt Dunham à quitté sa ville natale, Beaver Creek (Virginie) à l’age de 18 ans, humilié par la fille dont il était amoureux. Quinze ans plus tard, alors qu’il est condamné, il décide de renouer avec ses racines et de faire la paix avec son passé en trouvant la réponse à la seule question qui l’à hanté durant toutes ses années : l’amour qu’il porte à Cameron était-il réciproque ?
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Je m’appelle Matt Dunham, lieutenant dans le Corps des Marines des Etats Unis, j’ai 33 ans et je sais ou du moins je suppose que je suis condamné. Il y à quinze jours, je me suis levé et j’ai été pris de violentes quintes de toux. Jusque là rien de très remarquable, me direz vous sauf que l’email du lavabo dans lequel j’ai toussé à m’en faire cracher les poumons était maculé de sang. J’étais alors en permission, trois jours après mon retour d’un déploiement en Afrique de l’Ouest, toujours à courir aux fesses d’un groupuscule terroriste ou d’un gang de trafiquants d’armes et je devais regagner Camp Lejeune en Caroline du Nord pour prendre en main d’une unité de bleus que je devais dégrossir pour en faire de vrais Marines. Aujourd’hui j’ai rendez vous avec un médecin à l’hôpital naval de Bethesda et je sais qu’il va m’annoncer de mauvaises nouvelles et que je n’aurais jamais d’enfants ni de petit-enfants.
-Docteur, epargnez moi les circonvolutions habituelles, allez droit au but
-Lieutenant, vous êtes condamné, vous avez un cancer des poumons
-Combien de temps ?
-Trois peut être quatre mois
-Aucun traitement ne pourra repousser cette échéance ?
-Non mais je vais vous prescrire des médicaments et vous conseillez des astuces pour que cette fin de vie soit la moins pénible pour vous. Il faut que l’on s’occupe des formalités de départ du Corps des Marines
-Attendez docteur, il me reste un mois de congés à prendre, vous pouvez faire que je sois mis en indisponibilité pour un mois, histoire que je reflechisse
-D’accord, je vais m’arranger avec votre hierarchie
-Merci docteur
-La vie est injuste
-Il paraît
-Un héros comme vous qui à risqué sa peau sur tous les champs de bataille où notre pays à été engagé et vous allez mourir d’un cancer
-Au revoir docteur
Je m’attendais à cette nouvelle mais elle m’à quand même choqué. Moins la maladie c’est le fait de savoir que je ne verrais même pas le printemps qui m’attristait le plus. Le lendemain, j’ai reçu mon autorisation de départ en congé pour un mois. Je ne savais pas ce que j’allais faire et puis sur un coup de tête, je suis parti en Floride où j’ai passé mon temps à surfer, à bronzer, à draguer les plus jolies floridanes, bref à profiter de la vie tant que je ne serai pas cloué sur un lit d’hôpital. Rapidement pourtant, ce mode de vie m’à rendu dingue et j’ai préféré rentrer en Caroline du Nord, dans le pavillon que j’occupais en dehors de la base et là j’ai passé mon temps à regarder la télé, à me laisser aller jusqu’à ce qu’un matin, je retombe sur mon Yearbook , mon livre de l’année 2000-2001, celle de Terminale au lycée de Beaver Creek en Virginie, ma ville natale. C’était peu dire que je ne conservais pas que d’excellents souvenirs des années du lycée, un véritable cauchemar je devrais dire car je n’étais ni un excellent sportif ni une tête, j’étais un élève lambda qui se debrouillait dans tous les domaines. Une chose me faisait tenir, plutôt qu’une chose, c’était une fille, Cameron Mitchell, la plus jolie fille du lycée, la reine de Beaver Creek High School puisque chef des cheerleader et qui sortait comme il se doit avec Michael Scofield, le quaterback des Wild Horse, notre équipe de football américain qui venait de remporter quatre fois de suite le championnat d’Etat. Pour comprendre ce qui je viens de raconter et surtout ce qui va suivre, il faut faire un bon de quinze ans en arrière et en revenir au début du 21ième siècle, au lycée de Beaver Creek
En cette année 2000-2001,je terminais le lycée et je m’appretais à rentrer à la fac de Baltimore pour suivre une licence en droit dans le but de devenir avocat. J’étais plutôt solitaire, j’avais très peu d’amis et de toute façon, je ne faisais rien pour m’en créer, j’étais très bien dans mon monde. Beaver Creek était une petite ville charmante mais qui pouvait paraître caricaturale au premier abord car il y avaient les très riches et les pauvres, pas de classe moyenne pour faire tampon et les frictions étaient nombreuses, surtout au lycée où de véritables bandes se cherchaient querelles en permanence. Fort heureusement, cela n’avais jamais dépassé la bagarre de cour de recré mais régulièrement la tension montait d’un cran. Ma position est celle de ma famille était loin d’être confortable car étant le fils du sheriff, j’aurais du appartenir au camp des nantis mais nous n’avions pas les moyens de la Upper Class de la ville. Moi même dans ma famille, j’étais le vilain petit canard, j’étais le cadet d’une famille qui comptait quatre garçons et une fille, tous plus brillants les uns que les autres que ce soit en sport, en mathématiques, en litterature, en peinture et en musique, j’étais le seul qui n’avait pas de dont particulier et qui n’avait aucun goût pour la chasse, j’aimais la nature mais je préferais largement m’y promener seul ou avec le labrador de la famille, Sultan plutôt qu’un fusil à la main pour tirer sur tout ce qui bouge. Ma famille n’était pas à un paradoxe prêt, elle votait démocrate, militait contre la peine de mort et pour la limitation de l’usage des armes à feu. Au lycée, donc je restais dans mon coin, je faisais mon boulot, je ne cherchais ni embrouilles ni à nouer des contacts, je faisai mon petit bonhomne de chemin. J’avais un secret, j’étais profondément attiré par la belle Cameron et je crois que tous les garçons du lycée étaient dans la même situation. Il faut dire que Miss Mitchell était sublime : grande (pas loin du mètre quatre-vingt) une poitrine génereuse, une silhouette elancée, des jambes d’une longueur incroyable, de longs cheveux blonds, des yeux bleus et un sourire d’une blancheur imaculée. Elle en était consciente et savait en jouer la garce. Dès que son compagnon attitré commençait à aller voir ailleurs, elle s’affichait ostensiblement avec un autre garçon pour rendre Michael fou de jalousie et le ramener au bercail. Malheur à celui sur lequel, elle avait posé ses griffes surtout si il s’imaginait que ce que lui avait dit Cameron avec forces caresses et baisers était vrai. Au mieux il s’en tirait avec une humiliation publique, au pire, il se faisait passer à tabac par Michael et sa bande et si il arrivait à remonter la pente, le malheureux soupirant en était quitte pour endurer des semaines de moqueries, de rires etouffés avant que tout cela ne s’estompe ou qu’il ne change de lycée. Moi, je me faisai a ucune illusion, je ne cherchais pas à nouer des liens avec Cameron et cela m’allait très bien comme ça du moins c’est ce que j’ai cru jusqu’à un dimanche de mars 2001. Le week-end quand je n’aidai pas mes frères à réparer quelque chose dans la maison, ma mère à faire le ménage ou mon père à classer des dossiers et à faire le ménage au poste de police, j’aimai partir pour de longues, très longues promenades dans les collines verdoyantes et les forêts touffues qui entouraient Beaver Creek. Depuis l’age de 4 ans, c’était mon terrain de jeu, ma respiration entre les semaines d’enfer au lycée et la vie difficile à la maison. Je pouvais y passer des heures, à parcourir les sentiers, à regarder la ville du haut des collines, à ramasser fruits, champignons, fleurs et je ne rentrais souvent que quand la nuit commençait à tomber, apaisé, serein. Un dimanche, donc s’était au bord d’un ruisseau, à ramasser quelques galets remarquables quand j’ai vu Cameron qui se promenait seule. Elle était splendide, elle ne portait qu’une robe blanche et de petites tenis rouges et blanches, sans maquillage, loin des tenues sophistiquées qu’elle portait au lycée. En temps normal, j’aurais passé mon chemin, avec comme seule recompense, cette image somptueuse de Cameron, enlevant ses tennis et trempant ses pieds menus dans l’eau froide de la rivière mais le destin en avait visiblement decidé autrement car au moment où j’allais remonter vers la maison, Cameron s’est tordue la cheville et est tombée dans la rivière. Je me suis precipité au devant d’elle et quand j’ai voulu la relever, elle eut un moment de recul mais finie par se laisser faire, je l’ai relevée puis je lui tendu la couverture que j’emporte toujours avec moi pour m’allonger dans l’herbe pour une sieste sous les arbres. Elle s’est rechauffée pendant que j’examinais sa cheville. Depuis le temps que je parcourais ses collines, j’avais acquis une certaine connaissance en plantes médicinales et je savais laquelle pouvait soigner une cheville tordue. J’ai pris donc les feuilles de la plante adaptée que j’ai broyée entre deux pierres et que j’ai mélanger à un peu d’eau avant de l’appliquer sur sa cheville douloureuse puis d’y nouer un mouchoir en tissu. J’allais m’eclipser pensant qu’elle ne voulait pas me parler quand elle me dit
-Non reste, s’il te plait
Je me suis donc assis sur une pierre plate en face d’elle
-Comment tu t’appelle
-Matt Dunham
-Le fils du sheriff ?
-Le cadet, le petit dernier
-Moi c’est Cameron
-Je sais
-Tu fais quoi dans ces bois ?
-Je me promène, j’aime passer du temps sur les collines, dans les forêts, à ramasser des fleurs, des plantes, des fruits et à aider des jeunes filles en détresse.
Elle à sourit et ce fût l’un des plus beaux jours de ma vie, si ce n’est le plus beau. J’étais à la fois charmé et profondément troublé. Comment-étais-ce possible que cette jeune fille ouverte, charmante et chaleureuse soit au lycée, hautaine, méprisante et cruelle avec les lycéens «modestes». Nous avons discuté une bonne partie de l’après midi et quand je suis rentré à la maison, j’étais sur un petit nuage même si je ne me faisait aucune illusion sur le comportement de Cameron au lycée, elle serait hautaine et meprisante, Miss Jekyll cederait la place à Miss Hyde, la seule que la majorité des garçons de Beaver Creek connaissait. Pourtant pendant près de deux mois, nous avons continué à nous voir et le dernier dimanche du mois de mai, je lui ai dit ce que je ressentai pour elle, je lui ai déclaré ma flamme puis je l’ai embrassé mais comme elle ne m’avait pas suivit, je me suis retiré confus et penaud, rougissant de mon audace. Cameron pourtant ne s’en offusca pas puisque quand elle me quitta pour rentrer chez elle, elle m’embrassa. C’est là que ma vie avait basculé, ce simple baiser allait entrainer un enchainement de conséquences qui devait me conduire à finir mes jours dans un hôpital militaire. Jusque là j’avais accepté cette espèce de relation schizophrène avec des dimanches passés avec elle à parler de tout et de rien, me confiant ce qu’elle pensait réellement de Michael qui avait des muscles partout mais sauf dans la boite craniene, de Chelsea, Mary, Anka et Heather qu’elle appelait les «Quatre pouffes», me racontant les dernières potins et le reste de la semaine où elle me laissait dans l’ombre, ne remarquant même pas ma présence mais le baiser échangé m’avait fait prendre conscience du caractère bancal de cette situation et j’étais fermement decidé de clarifier la situation quitte à souffrir mais cela était surement mieux que cette situation batarde. Cela tombait bien, le bal de promo arrivait et c’était l’occasion de mettre Cameron face à ses contradictions, j’étais prêt à tout quitte à l’humilier en public. J’étais venu seul malgré les solicitations de plusieurs filles car je voulais montrer à Cameron que ce que je lui avait dis l’autre jour dans l’herbe fraiche, ce n’étais pas des paroles en l’air. Je me suis installé à deux tables d’elle et de sa cour mais la reine Cameron ne daigna pas me regarder. J’ai alors bu deux verres de wisky et je me suis lancé, je susi arrivé à sa table, les quatres pouffes rigolèrent et j’ai proposé à Cameron de danser mais elle m’à toisé, son regard disait «Mais tu te prends pour qui, on ne vit pas sur la même planète», je dois passé au plan B, je l’ai attrapé vigoureusement par le bras et je l’amener près de ma table, sa cour ne bougea pas, stupéfiée par tant d’audace, stupefiée qu’un manan ose se révolter.
-Lache moi tu me fais mal, qu’es-ce qui te prends ?
-Ah tu me tutoie, c’est bien on progresse
-Qu’es-ce que tu me veux ?
-Moi, je ne veux que toi, sortir avec toi
Cameron éclata de rire, un rire froid et sinistre, un rire qui glaçait le sang
-Moi, sortir avec le fils du sheriff, un mec qui ne s’interesse ni au sport ni aux armes, qui passe son temps à cueillir des fleurs et des plantes ! Non merci, je préfère encore finir vieille fille
-Pourquoi tu es comme ça ?
-Pourquoi je suis comme ça ? Je vois pas de quoi tu parles voyons
Elle essaya de partir mais je l’ai de nouveau attrapé par le bras
-Pourquoi le dimanche quand on se voit, tu es si gentille, si chaleureuse pourquoi en semaine, au lycée tu es si froide et si distante
Cameron encaissa le coup, j’avais apparement visé juste.
-Je n’ai plus rien à te dire
entre-temps, son petit ami officiel était arrivé et avec lui sa bande, la cour de sa majesté Cameron et de nombreux badeaux
-Je veux juste savoir si tu m’aimes
Cameron rigola de plus belle et l’assistance la rejoignit immédiatement. J’ai alors connu une telle humiliation que je ne la souhaiterai pas à mon pire ennemi. J’ai serré les poings de rage et des larmes coulèrent silencieusement de mes joues
-Moi t’aimer, bien sur, même pas en rêve, allez dégage !
Je me suis eclipsé et j’ai fui la salle du bal, furieux, amer, dégouté du genre humain. J’ai voulu renter chez moi mais à peine étais-je monté à bord de ma voiture qu’une main énergique m’à attrapé l’épaule et m’à ejecté hors de l’habitacle, j’ai alors subit un tabassage en règle et inutile d’être devin pour comprendre qui en était l’hauteur. J’ai d’un seul coup cette ville en horreur, d’ailleurs ce n’était pas pour rien que je voulais faire mes études à Baltimore à plus de 100km de Beaver Creek. Durant la nuit tout se précipita et alors que ma famille était partie chez des cousins en Caroline du Nord, j’ai fait mon sac, j’ai rassemblé mes économies et j’ai laissé un mot sur la table de la cuisine «Je pars, ne me cherchez pas, je ne reviendrai pas ici, ma vie doit se poursuivre ailleurs qu’à Beaver Creek adieu Matt». Le mot était glacial mais c’était comparable à l’état de mes rapports avec ma famille. J’ai pris un Greyhound pour New York où je suis arrivé en fin de matinée, je me souviens c’était un dimanche, le dimanche 24 juin 2001. J’ai pris une chambre dans un petit hôtel dans Harlem, sans savoir ce que j’allais faire, je savais du moins ce que je ne voulais pas faire : des études universitaires, du moins pas dans l’immédiat. Mes économies n’allaient surement pas tenir longtemps et j’ai du trouver du boulot, n’importe quoi et j’ai fini par devenir serveur dans un restaurant sur Time-Square. Ce n’était pas cher payé mais avec les pourboires, je parvenais largement à payer mon loyer, à me nourrir, à m’habiller et de temps en temps m’offrir quelques plaisirs. Apparement j’allais vivoter ainsi jusqu’à ce que je me décide soit à rentrer à Beaver Creek ou à reprendre mes études. Mais tout fut boulversé par un jour de septembre, le mardi 11 septembre 2001. Ce matin là, je dormais dans ma chambre d’Harlem, après avoir travaillé tard, jusqu’à 3h du matin. Mon appartement, se trouvait dans un immeuble de six étages avec une vue parfaitement degagée sur toute l’île de Manhattan. J’ai été reveillé par des cris, dans la rue et mon premier reflexe fût de sortir après m’être habillé et de suivre les autres locataires qui montaient sur la terrasse, la plupart avec une paire de jumelles à la main. J’ai donc suivi le groupe et je me suis retrouvé sur le toit d’un immeuble, voyant les Twin Towers du World Trade Center, en feu. Nous n’avions pas vu le premier et jusque là, nous nous étions rassurés en parlant d’accident mais quand nous avons vu le deuxième avion percuter la tour, nous avons tous compris qu’il s’agissait d’un attentat. J’étais devenu un zombie et je suis revenu chez moi, j’ai allumé la télé et je suis resté devant la télé, regardant les images des impacts sur le WTC, sur le Pentagone mais aussi en Virginie, un appareil qui aurait du s’écraser sur le Capitole. Dans les jours suivants, avec les autres employés du restaurant, nous avons aidé tant que nous avons pu, distribuant de la nourriture, recoltant de vieux vétements pour aider les sinistrés, nous assistions les secours, galvanisé par l’énergie du maire de New York, Rudy Giuliani. Rapidement, nous avons su qui était derrière ces attentats et je brulait d’un désir incandescent de venger les milliers de morts de cette funeste journée et la meilleure façon c’était de se battre. Si mes parents avait su ça, ils en auraient été malades car si ma famille aimait la chasse, ils étaient contre l’engagement dans l’armée, mon père, né en 1947 avait même brulé son draft , sa convocation pour partir se battre au Vietnam et c’était caché au Canada durant quelques mois avant de revenir sans que l’armée, visiblement pressée de tourner la page de cette sale guerre, ne lui cherche des ennuis. Le contexte était totalement différent en 2001 et étant majeur, je n’avais pas de comptes à leur rendre. Je me suis rendu au centre de recrutement sur Time Square et je me suis engagé dans les Marines pour défendre mon pays, ses valeurs et son drapeau. Je n’à pas tardé à être engagé puisque j’ai été envoyé dès 2002 en Afghanistan avec la 26ième MEU (SOC Special Operations Capable) dans le cadre de l’opération Enduring Freedom (Liberté immuable), participant à de nombreuses opérations de nettoyage dans le sud Afghan pour capturer les chefs talibans et d’Al Quaida. C’est durant ma première rotation que j’ai reçu ma première Purple Heart après ma première blessure. Au cours d’une patrouille, notre Humvee dont j’étais le tireur à sauté sur une mine, le véhicule s’est retourné mais par miracle, il n’y eu que des blessés, c’est ensuite quand les talibans ont attaqué notre véhicule que tout s’est corsé, sous un feu nourri, ils nous à fallu riposter en attendant les secours et c’est au cours de cet échange alors que je tentais de mettre le chef de patrouille à l’abri que j’ai reçu une balle dans le bras. Après un bref retour au pays et une mission de quatre mois en Afrique pour former des unités de l’armée sénégalaise à la contre-guerilla et à la lutte antiterroriste, j’ai été envoyé en Irak pour l’opération Opération Iraki Freedom (Opération Liberté pour l’Irak) et contrairement au traditions du corps, nous nous sommes engagés profondément dans les terres, notre mission consistait essentiellement en la sécurisation des itineraires empruntés par la 3rd Infantry Division. Comme en Afghanistan, j’ai reçu la Purple Heart pour une deuxième blessure, cette fois au bras gauche quand pour permettre à mon groupe de se dégager du tir d’un sniper, j’ai gravi une butte et j’ai lancé par la fénêtre une grenade qui à nettoyé la pièce et en recompense j’ai reçu une balle de 7.62mm dans le bras. Après ma convalescence, j’ai effectué un nouveau tour en Afghanistan en 2005 puis en Irak en 2006 où j’ai reçu cette fois la médaille d’honneur du congrès pour fait d’armes héroique. Avec nos gros AAV7, nous gardions un carrefour quand une IED explosa. Comme le voulait la procédure, nous nous sommes deployés pour sécuriser la zone mais la confusion regnait dans cette zone et un Humvee de la Military Police à plongé dans un canal d’irrigation et fût pris sous le feu ennemi. J’ai alors plongé dans le canal, ouvert la porte du Humvee en me servant de la crosse de mon M16 comme d’un levier. J’ai extrait le chauffeur et je l’ai hissé sur la berge avec l’aide d’autres Marines arrivés sur place. J’ai alors voulu sauver le passager mais j’ai reçu une balle dans le ventre et j’ai bu la tasse. Je ne sais pas ce qui m’à empeché de mourir mais j’ai refait surface et j’ai evacué le passager du Humvee qui commençait à s’enfoncer dans la vase et une fois evacué, je suis remonté sur la berge comme j’ai pu et c’est à cet instant que je me suis evanoui, probablement à cause de la perte de sang du à ma blessure au ventre. Après ce sont mes camarades de combat qui me l’ont raconté, j’ai été soigné en urgence à Bagdad puis rapatrié à Rammstein en Allemagne où j’ai passé à ma convalescence avant de regagner les Etats Unis et camp Pendleton où une fois remis de ma blessure, j’ai postulé pour intégrer le MARSOC (Marines Special Opérations Command), la composante force spéciale du Corps des Marines. J’en ai réellement bavé pour intégrer cette unité, peut être que les instructeurs m’ont en fait baver parce que je m’étais distingué au combat à moins que ce soit moi qui ait été trop confiant dans mes capacités mais finalement à partir de 2008, j’ai multiplié les opérations aux quatre coins du monde : Colombie pour appuyer l’armée colombienne dans sa lutte contre les FARC (Forces Armées Revolutionnaires de Colombie) et l’ELN (Ejercito de Liberacion Nationale); Caucase pour former les armées géorgiennes, arméniennes et azéri à la contre-guerilla, à la lutte antiterroriste; Phillipines pour traquer les émeules de Ben Laden mais aussi l’Europe Occidentale pour des exercices avec les Royal Marines britanniques, le Korps Mariner néerlandais, l’infanterie de marine française, le bataillon San Marco italien ou encore le Tercio de Armada espagnol. En 2011, je suis devenu lieutenant et j’ai alors pris la tête d’une unité de contre-terrorisme du MARSOC et j’ai à partir de maintenant travaillé avec la Delta Force,les Seal, les SAS, le GIGN, participant par exemple à l’intervention sur le Queen Mary II dont des terroristes sud-américains d’extrême gauche avait pris le contrôle du Bresil. Je suis intervenu avec mes hommes derrière le SBS britannique en particulier pour la fouille et le contrôle des passagers pour vérifier qu’aucun terroriste ne s’était glissé parmi les otages. En remerciement de ma participation, j’ai reçu la Victoria Cross, l’une des plus prestigieuses décorations britanniques. A ce sujet, n’aller pas croire que je revais d’avoir la poitrine bardée de médailles et de décoration diverse, cela me génait presque, après tout je ne faisait que mon boulot. Justement ce boulot commençait à me peser, cela faisait presque dix ans que j’étais dans l’armée et je commençai à penser à mon avenir, j’allais avoir 28 ans et je pensai qu’il était temps que je me trouve une femme et que je fonde une famille. Jusque là ma vie sentimentale avait-été désertique à la fois parce que je n’avais pas le temps mais aussi peut être parce que j’étais trop exigeant. A la fin de l’année 2013, j’ai été proposé pour devenir capitaine, j’étais naturellement heureux, une promotion cela ne se refusait pas mais j’avais une espèce de vague à l’âme qui ne s’est pas arrangé quand j’ai appris mon cancer.
J’en étais à ces reflexions quand j’ai refermé le YearBook. Je ne savais quoi penser et peut être pour m’aider, je me suis servi un verre de bourbon que j’ai bu cul sec. J’ai passé la nuit suivante à reflechir, dormait quelques minutes. J’ai alors pris ma décision : j’allais mourir à Beaver Creek, j’étais decidé à liquider toutes les souffrances de mon passé comme de me reconcilier avec ma famille et savoir si la seule femme que j’avais jamais aimé, m’aimait, si cet amour fou était réciproque. J’ai donc ecris une lettre au corps des Marines demandant d’être liberé de mes obligations ce que le Corps accepta sans difficulté, mon dossier imaculé (malgré quelques bagarres avec des marins) facilitant les choses. Ne devant être mobilisé que le 17 décembre, je pouvais encore porté l’uniforme ce que je ne me suis pas privé de faire pour gagner Beaver Creek avec toutes mes médailles accrochées ce qui me valut à la fois des commentaires hostiles mais aussi de chaleureuses félicitations. Je suis arrivé à Beaver Creek, le soir du 15 décembre et je me suis arrêté au seul hôtel de la ville, le Beaver Creek Ca melot. La réception était tenue par une jeune femme d’une trentaine d’année, de fines lunettes, les cheveux blonds coupés cour et de magnifiques yeux bleus. Je lui ai demandé une chambre et elle m’à donné les clefs. Je la sentai troublée et moi aussi, j’avais l’impression de la connaître mais j’étais incapable de mettre un nom sur ce visage. Je suis monté dans ma chambre et j’ai défait ma valise, sachant que j’allais probablement resté jusqu’à mon dernier souffle puis j’ai pris une douche avant de m’allonger devant la télé et de m’endormir le ventre vide. Le lendemain matin, je suis descendu prendre le petit déjeuner et j’ai croisé la receptioniste et comme la veille au soir, le même trouble. Une fois le petit déjeuner avalé, je me suis decidé à sortir, de profiter d’un temps froid mais sec pour renouer avec la ville de mon avance qui n’avait guère changé en 13 ans, les magasins étaient tous ouvert, il n’y avait que peu de constructions nouvelles. Beaver Creek avait revetu son costume de Noël, les décorations ornaient les façades des maisons et des vitrines, des guirlandes lumineuses couvraient d’une toile d’araignée multicolore les rues tandis que sur la place de l’hôtel de ville, un immense sapin orné de multiples guirlandes multicolores. La neige était tombée drue et la circulation automobile avait rendu la neige brune ce qui contrastait avec la neige blanche qui maculait les trotoirs. Devant chaque magasin, un Père Noël appelait aux dons les passants. Je regardai avec émotion les parents assaillis de demandes par leurs enfants, qui reclamaient toujours plus de cadeaux. Après cette longue promenade, je suis rentré frigorifié à l’hôtel et c’est alors que j’ai entendu une voix qui appelait «Cameron ! Cameron !» mais ce n’était que moi qui attendait ma clé
-Mademoiselle ?
-Desolé monsieur, je pensai que c’était Cameron qui rentrait
-Cameron ?
-Oui Cameron Mitchell, c’est elle qui gère l’hôtel
Je suis resté muet un instant, la femme qui m’avais donné la clé la veille, c’était La femme, la seule femme que j’ai jamais aimé. Tout s’expliquait, je savais pourquoi il y avait eu un tel malaise.
-Monsieur ça va ?
-Oui oui
-Vous connaissez Cameron ?
-On était au lycée ensemble
-Vous vous appelez comment ?
-Dunham Matt Dunham
La jeune receptioniste resta un instant interdite
-Elle parle de vous comme de la plus grande erreur de sa vie
-Comment ça ?
-Elle ne m’en à pas dit plus, elle semble très émue quand elle parle de votre passé commun
C’est alors que la principale interessée fit son apparition et j’ai alors pris l’initiative.
-Bonjour Cameron, cela faisait longtemps
-Matt ? C’est toi ?
-C’est moi
J’ai pu voir que Cameron avait la gorge nouée en me voyant, visiblement, elle ressentait au moins quelque chose qui se rapprochait de ce que j’éprouvais pour elle. Nous nous embrassés chastement sur les joues pendant que Christina s’était eclipsée pour dit-elle, ranger la buanderie de l’hôtel.
-Je t’offre un café ?
-Volontiers
Cameron et moi sommes allés dans la salle à manger de l’hôtel, vide pour prendre un café et discuter, nous avions visiblement un milliard de chose à dire. Pendant un temps, nous avons regardé nos cafés, nous évitions les regards, nous étions comme paralysés par le fait de tout déballer devant l’autre à moins que ce ne soit les remords et les regrets de ne pas avoir essayé de sortir ensemble pou savoir si notre relation était viable.
-Tu es toujours aussi jolie
-Merci, tu es pas mal non plus
-L’armée ça conserve
-Pourquoi ?
-Pourquoi quoi ?
-Pourquoi tu reviens maintenant
-J’ai eu envie de renouer avec mes racines avant de……..
Je me suis senti d’un seul moins à l’aise, moi d’habitude si volubile. J’ai bu alors une longue rasade d’un café noir et amer et j’ai repris
-Avant de quoi ?
-Cameron, si je suis revenu à Beaver Creek c’est parce que je suis condamné
-Cancer ?
-Des poumons, il me reste deux à trois mois à vivre et j’ai tenu à revenir dans ma ville natale pour essayer d’expurger un passé douloureux
Ce fût autour de Cameron de se montrer géner aux entournures. Apparement, Christina avait dit vrai en disant que j’avais été pour Cameron «la plus grande erreur de sa vie»
-Cameron ça va ?
-Oui juste un peu fatigué. Tu as fait quoi durant toutes ses années ?
-Le soir du bal de promo, j’ai quitté Beaver Creek avec mes economies et mes affaires pour New York où j’ai travaillé quelques semaines comme serveur puis sont venus les attentats du 11 septembre et je me suis engagé dans le Corps des Marines que je viens de quitter.
-Des enfants ?
-Non
-Une femme ?
-Non, de brèves histoires mais pas, je veux dire jamais de relation solide et suivie. A toi
-Après cette maudite soirée, je m’en suis voulue de t’avoir jettée ainsi, j’ai coupé les ponts avec la bande des pouffes et avec Michael, je me suis inscrite à Yale mais je n’ai fait qu’un an car je suis tombé enceinte, le père s’est tiré et comme il à bien fallu travailler pour l’élever, j’ai abandonné mes études et je suis revenu à Beaver Creek pour travailler comme femme de ménage au service de la ville. Après la naissance de Joe, je me suis marié avec Tom Sizemore
-L’acteur ?
Cameron faillit avaler son café de travers
-J’aurais bien aimé mais c’était un homonyme. Cela n’à duré que quatre ans, le temps d’avoir un autre enfant, une fille, Mary-Ann et depuis, j’ai de longues périodes de célibat entrecoupé de bref liaisons
-Et depuis quand gère-tu cet hôtel ?
-Cela va bientôt faire trois ans
-Tes enfants doivent être ravis
-Ils ne sont plus là, Joe et Mary-Ann ont été recupérés par leurs pères respectifs, je suis seule même si Christina est un peu ma fille. Tu as des nouvelles de ta famille ?
-Aucune, je sais même pas si mes parents sont encore vivants, j’irai voir demain
Nous avons continué à discuter une bonne partie de la soirée et parès un bon repas, nous nous sommes separés satisfaits d’avoir renoué le contact. Il ne restait plus qu’à transformer l’essai et cela n’allait pa être le plus simple. Le lendemain, je suis allé à la maison de mes parents mais j’ai trouvé porte close. J’ai laissé un mot en leur donant l’adresse ou j’étais descendu et je suis reparti pour une promenade dans les collines et les forêts de mon enfance. J’ai passé l’après midi dans ma chambre et je ne sais pas pourquoi d’un seul coup, j’ai eu envie d’écrire ma vie, d’écrire mes souvenirs comme si je craignais qu’une fois disparu, plus personne ne se souvienne de moi. Je suis donc descendu à l’accueil, j’ai demandé à Christina des feuilles et du papier et j’ai ecris tout l’après midi, noircissant de mon écriture chaloupé des pages et des pages de souvenirs souvent douloureux mais qui devait avoir un effet cathartique car j’ai pleuré à plusieurs reprises trempant quelques pages, delayant l’encre pas encore sèche mais je me suis sentit mieux du moins dans ma tête car avec le cocktail de médicaments que j’ingurgitait pour supporter la maladie, j’ai vomi dans le lavabo. C’est epuisé que je me suis couché sans rien avaler, mon estomac était en feu et même une gorgée d’eau provoquait chez moi des douleurs insupportables alors manger quelque chose de solide……….. . Chaque jour, j’allais à la maison de mes parents, esperant qu’ils seraient là, je passai à des heures différentes et j’avais la desagréable sensation qu’à leurs yeux j’étais mort, j’avais pourtant precisé dans le mot que j’avais laissé le premier jour que si j’étais revenu c’était parce que j’étais condamné mais rien n’y fit, je n’ai pas revu mes parents durant mon long sejour à Beaver Creek où j’attendais la mort.
Noël approchait et je ne savais pas ce que j’allais faire pour le fêter. Depuis mon départ de Beaver Creek, il y à plus de 13 ans, j’avais perdu les notions, les coutumes, les traditions de cette fête. Quand je ne la passait pas sur un champ de bataille, je la passait seul dans un des mess de la base. J’avais oublié ce que c’était que le repas en famille, la dinde qui roti dans le four, les champs, l’alcool qui rend les gens heureux, les yeux emerveillés des enfants qui ouvrent leurs cadeaux. C’est alors que le destin vint à mon secours. Cameron avait prévu de passer le Noël avec Christina chez elle, laissant la gestion de l’hôtel à une autre equipe employée par le propriétaire des lieux et elle me proposa de passe Noël avec elles ce que j’ai accepté avec enthousiaste, après tout, cela serait bien mieux que de le passer seul dans ma chambre ou dans un bar. J’étais loin de me douter que j’allais passer la plus belle nuit de ma vie. Tout avait commencé par un aperitif prolongé avec une très forte consommation d’alcool, vu que j’étais condamné, cela ne me posait pas de problèmes. Quand à Cameron et Christina, elles noyaient dans l’alcool, les difficultés de la vie. Nous avons ensuite fait honneur au repas avec des huitres, du foie gras, une dinde rotie avec une quantité astronomique de pommes de terre et d’haricots verts, du fromage, une buche, des fruits secs. Christina était un petit gabarit mais elle m’à impressioné par les quantités astronomiques de nourriture qu’elle à avalé sans parler de l’alcool qui eut raison de sa resistance et vers 23h00, elle ronflait à faire craquer les joints des murs et nous avons eu pitié d’elle et elle à rejoint une des chambres vides de la maison de Cameron et s’y ait endormie tout de suite. Nous n’avions nous pas sommeil et nous avons continué à discuter du passé puisque je n’avais pas d’avenir et que Cameron preferait vivre au jour le jour plutôt que de faire des projets à moyen ou long terme. C’est alors qu’il s’est passé un truc formidable dont je ne saurais dire si c’était conscient ou si il s’agissait de la conséquence d’un abus d’alcool mais on s’est rapproché, elle à posé ses mains sur mes épaules et nous avons dansé sur la musique de Ghost «Unchained Melody», nos regards se sont croisés, nos gorges se sont nouées, nos yeux devinrent humides et sans un mot, nos lèvre se sont rapprochées et on s’est embrassé et là contrairement à la première fois, au bord de la rivière, il n’y eut aucune gène, bien au contraire. Nous sommes ensuite montés dans la chambre, j’ai enlevé mon pantalon, mon pull et mon T-shirt me retrouvant en caleçon, Cameron ayant enlevé son chemisier et sa jupe de tailleur. C’est alors que Christina qui dormait dans la chambre d’à côté s’est mise à ronfler et nous avons eclaté de rire mais cette perturbation n’à pas resisté longtemps face au désir qui nous submergeait. Elle ne portait plus que son string et son soutien gorge, je l’ai prise dans mes bras, j’ai respiré à plein poumons son parfum si délicat mais si corsé en même temps, caressant son corps de déesse, avant de me débarasser des derniers morceaux de tissus qui couvraient son corps. Je l’ai allongé sur le lit, elle m’à sourit et je me suis plongé entre ses cuisses laiteuses pour calmer le feu qui lui dévorait l’entre-jambe et rien qu’à ses soupirs, je sentais que mon traitement était efficace. Ce fût ensuite à son tour de montrer ses talents et je dois dire que cela vallait le coup d’attendre.
-Prends moi maintenant, je veux te sentir en moi, je ne veux faire plus qu’un avec toi
Je me suis executé, le premier contact à provoqué entre nos deux corps impatients, comme une décharge électrique qui ne nous fit frissoner durant la nuit, le plaisir montant crescendo jusqu’à l’explosion et l’épuisement final. Nous nous sommes endormis nus, l’un contre l’autre. J’avais des sentiments partagés, j’étais heureux d’être avec la femme de ma vie mais je savais que cela ne durerai pas que je n’avais plus que quelques mois à vivre et dans ses conditions impossible d’imaginer avoir un enfant ou avoir des projets d’avenir. De toute façon, à ce moment precis, je ne faisai que savourer le moment présent, je savourai le fait d’être avec celle que j’aimai depuis mes dix-huit ans. Malgré notre dépense d’énergie et la fatigue, nous n’avons quasiment pas dormi. Il faut dire que dehors, la rue était tout sauf calme, les fêtes de Noël battaient leur plan, les «joyeux noel» fusaient dans l’air, s’élevaient puis retombaient avant de rebondir vers une nouvelle élevation.
Je commençai à croire que les miracles de Noël existaient. Je me souviens que le dernier à m’avoir dis ça était un jeune marine qui combattait avec moi en Irak en 2006, il m’avait qu’il croyait au miracle de Noël depuis qu’à l’age de 6 ans, alors que son chien s’était echappé il y à près de trois mois, il était réapparu le jour de Noël, au pied du sapin, amaigri, fatigué, blessé mais en vie. Cela ne lui avait pas porté chance car le lendemain du Noël 2006, alors que nous étions en patrouille, nous avons établis un barrage et au cours d’un échange de coup de feu contre des rebelles irakiens, il à reçu une balle qui à traversé son pantalon, à sectionné l’artère fémorale et à provoqué une hémorragie interne qui lui fût fatale alors qu’il allait rentrer en Louisiane dans quinze jours. Le dernier Noël de ma trop courte vite m’avait convaincu que le miracle de Noël existait. Maintenant que j’étais sur que Cameron m’aimait, il fallait profiter des quelques semaines qui me restait pour essayer de rattraper l’irratrapable ou comment vivre en huits semaines ce qu’on aurait pu vivre en quinze ans. A notre reveil, alors qu’il fait une chaleur etouffante dans la chambre, je me suis levé nu, ne faisait pas attention à mon corps qui portait déjà les stigmates d’une maladie toujours plus envahissante. J’ai regardé dehors, il neigeait et cela me fascinait alors que c’était au courant non seulement en Virginie mais aussi en Caroline du Nord, peut être était-ce le fait de savoir que j’allais mourir qui faisait que je ressentai les petits plaisirs de la vie de manière bien plus intense. J’ai alors senti un corps chaud se blottir contre moi, c’était Cameron
-Bonjour mon amour
-Bonjour mon ange, regarde il neige
-Oui c’est tellement beau
-Cela te dis une bataille de boules de neige ?
Cameron à rigolé mais elle n’a pas dis non. Nous nous sommes habillés chaudement et nous sommes descendus après avoir avalé un petit déjeuner sur le pouce alors que Christina dormait (cuvait ?) encore. Nous sommes alors retombés en enfance, se poursuivant dans la neige lourde et collante, goutait avec un plaisait infini le contraste entre notre peau rendue brulante par l’amour et le désir et la fraicheur des boules de neige. J’ai fini par la plaquer dans la neige et après un fou-rire mémorable, je l’ai embrassé puis je me suis laissé tomber sur le côté et prenant sa main, nous sommes restés allongés dans la neige pendant de longue minutes à regarder le ciel d’une clarté exceptionnelle avant que le froid ne rende la position particulièrement inconfortable. Nous sommes remontés dans la chambre, passant devant la cuisine alors que Christina, victime d’une gueule de bois maous, pènait çà émerger. Arrivés dans la chambre, nous nous sommes déshabillés et nous nous sommes glissés nus sous les épaisses couvertures où nous avons passé la journée à faire l’amour avec quand même des pauses pour manger ou tout simplement quand nous avions envie de discuter. Oui j’en étais sur maintenant, le miracle de Noël existe.
A l’issue des vacances de fin d’année, Cameron à pris un congé de deux mois pour être avec moi jusqu’à la fin car même si j’essayai de faire bonne figure, la maladie était chaque jour plus forte. Cela ne dégoutait pas Cameron, bien au contraire, cela la motivait encore plus, elle voulait que chaque journée soit comme la dernière comme si je devais mourir demain. On passait notre journée ensemble soit dans la chambre d’hôtel d’un palace de Baltimore ou dehors à flâner dans les boutique, à faire chauffer les cartes bleu, ne reculant devant rien pour rendre ces journées inoubliables. Les meilleurs choses ont une fin et au début février, mon état s’est brusquement dégradé et j’ai été hospitalisé à l’hôpital naval de Bethesda, j’ai perdu énormément de poids, je crachais du sang, je perdais mes cheveux (depuis que j’avais appris mon cancer, mes cheveux avaient repoussé puisque je n’étais plus astreint à la coupe réglementaire) et chaque geste me demandait un effort surhumain. Cameron était là tous les jours, elle m’aidait pour ma toilette, pour mes repas, me faisait la lecture car je commençai à perdre l’usage de la vue. Ces longues périodes passées ensemble ont permis de discuter et de solder le passé, je lui ai par exemple dicter une sorte de testament ou plutôt une promesse de vie, un soir alors que je pensai ma dernière heure arrivée
-Ma chérie, je veux que tu me fasse une promesse
-Laquelle ?
-Je veux que tu me promette de vivre, que quand je ne serai plus de ce monde, tu me rejoindra le plus tard possible. Je veux que tu sois heureuse dans la vie
-Comment je pourrais être heureuse si l’homme avec qui j’aurais pu avoir une vie merveilleuse est mort ?
-Je sais que tu pourra le faire car je sais que quelque soit ta vie future, tu ne m’oubliera jamais
Cameron commençait à pleurer mais je suis resté ferme
-Promet le moi !
Elle m’a embrassé
-Je te le promet
Ce fût ensuite à mon tour de fondre en larmes. De toute façon, je n’allais pas vivre encore bien longtemps, trois jours exactement puisque le 18 février au matin, je me suis réveillé encore plus faible que d’habitude et des quintes de toux qui me faisaient cracher encore plus de sang. Quand Cameron est arrivée, elle à vu une telle détresse dans mon regard qu’elle en à été presque terrifiée. Elle s’est pourtant approchée de moi et après avoir essuyé le sang qui perlait aux commissures de mes lèvres de façon presque maternelle, elle m’a longuement embrassé avant de s’allonger à mes côtés. Elle était décidé à passer à mes côtés les dernières heures de ma trop courte vie. Elle s’est un moment relevé et à regardé par la fenêtre et comme après notre première nuit d’amour, il neigeait. Elle était tellement absorbée par ce spectacle qu’elle à du entendre à peine le râle que j’ai émis juste avant de mourir et ce n’est qu’en entendant le bruit de la machine et voir les infirmiers et le médecin se précipiter dans la chambre qu’elle compris que j’étais mort en ce 18 février à 9.42. Sans un mot, elle m’embrassa puis me ferma les yeux et demanda à l’équipe médicale la possibilité de rester quelques minutes avec moi ce qu’ils acceptèrent bien volontiers. C’est alors qu’elle fondit en larmes, qu’elle hurla sa douleur d’avoir perdu l’homme qui aurait pu l’aimer vraiment pour ce qu’elle était et non pour sa plastique. Ce n’est qu’au bout d’une heure qu’elle accepta que l’équipe médicale fasse le nécessaire pour préparer mon corps pour les obsèques qui devaient avoir lieu au cimetière d’Arlington en Virginie, là où sont enterrés les héros militaires américains et avec deux Purple Heart et la Médaille d’Honneur du congrès, je pense que je n’usurpai pas ma place. La cérémonie eu lieu cinq jours plus tard et cette fois-ci, Cameron n’était pas seule, ma famille, peut être prise par le remord, se présenta aux obsèques qui se terminèrent par une salve de quatorze coups de fusil par des Marines en grande tenue. Le drapeau fût tendu non pas à mes parents mais à ma compagne qui était belle et digne même si ses maudites glandes lacrymales semblaient ne jamais s’assécher.
L’histoire ne se termine pas là. Quelques semaines plus tard, Cameron qui s’était installé à Baltimore pour gérer un hôtel du groupe Hilton revint à Arlington pour se receuillir sur ma tombe qui était d’une simplicité touchante puisque la pierre tombale en marbre ne portait qu’en lettres d’or «Lt. Matt J. [James] Dunham Beaver Creek 21 janvier 1983 Bethesda 18 février 2015». Elle posa un bouquet de roses rouges et embrassa la pierre tombale.
-Bonjour mon amour, c’est moi. Cela fait six semaines que tu m’as quitté et comme je te l’ai promis, je fais tout pour remonter la pente : nouvelle ville Baltimore nouvelle coupe de cheveux, aussi longs qu’au lycée et surtout, c’est surement le plus important, je suis enceinte de toi. Au début je ne voulais pas le croire mais j’ai fait le test ce matin et je suis bien enceinte de toi. Je suis à la fois heureuse mais aussi triste que notre enfant ne pourra jamais connaître son père, cet homme épatant que je n’ai aimé que trop tard. Quoi qu’il m’arrive, je ferrais tout pour qu’il grandisse en te rendant hommage. Au revoir mon amour, je suis sur que tu ne souffre plus là haut et que d’ici quelques années, je te rejoindrai.
Quelques mois plus tard, Cameron donna la vie à une petite fille prenomée Keira Mitchell-Dunham d’après le prénom de l’actrice que j’admirai le plus, Keira Knightley. Elle avait en effet obtenu du tribunal de Baltimore, le droit d’accoler mon nom au sien après des semaines de débats juridiques avec ma famille, mes ecrits où je decrivais leur attitude durant mes derniers mois de vie convainquirent le juge que Cameron meritait cet honneur. J’esperai du fond de ma tombe que mon nom ne soit pas oublié et sur ce point là, je n’avais pas de soucis à me faire car quelques semaines après mon décès, il fût decidé que le dernier destroyer lance-missiles classe Burke, numéro de coque DDG 117, porte le nom de Matt. J. Dunham et c’est ainsi que lors du lancement en 2018, Cameron la marraine du bâtiment baptisa le navire avec une bouteille de champagne en compagnie d’une jolie petite fille agée de deux ans qui manifestait déjà des capacités intellectuelles assez stupéfiantes mais ceci est une autre histoire
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